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Annoncer la parole de Dieu, est depuis toujours, une mission difficile à réaliser. Tant cette Parole dérange aussi bien le peuple de Dieu que les mécréants, et même son messager. Il n’y a qu’à se référer aux différentes vocations des prophètes. La mission du prophète comme celle du disciple du Christ n’est pas du tout aisée. Cette mission expose le messager de Dieu à un combat contre lui-même, mais aussi et surtout aux luttes contre le peuple de Dieu. Face à une telle situation, l’homme de Dieu, peut être tenté de démissionner, de renoncer à sa mission. Il peut en douter, ou se laisser morfondre. La liturgie de ce jour nous présente deux personnages : Jérémie, et Jésus. Dans la première lecture Jérémie, se trouve confronté aux menaces de son peuple et surtout de ses amis. Quelle a été son attitude ? Comment le chrétien engagé en de pareilles situations, peut-il se tirer d’affaire ? Quel rapport avec Jésus dans l’Évangile  ? Que nous enseigne-t-il en tant que Messie de Dieu ?

Comme la plupart des prophètes, Jérémie est celui qui a le plus enduré la résistance de son peuple au message de Dieu. C’était un prophète de malheur en ce sens qu’il annonçait,  les catastrophes qui devaient arriver si le peuple de Dieu ne se convertissait pas, s’il ne pratiquait pas la loi, la justice et le droit. Ici, nous nous trouvons dans l’un de ces passages, appelés confession de Jérémie : il exprime les intentions mauvaises que le peuple voudrait lui affliger, ou auxquelles il devrait succomber. Pour utiliser le langage actuel, on lui tend des embuscades et des attentats. Le comble, les amis, les proches qui devaient les comprendre, le soutenir et l’encourager sont aussi complices contre l’homme de Dieu.

Dans ce conflit contre lui-même, contre ses contemporains, Jérémie, ne désarme pas, il persévère. Car la parole de Dieu n’est pas complaisance, sinon elle ne saurait être bonne Nouvelle. C’est dans la fidélité à Celui qui l’a appelé, le Dieu d’amour et de vérité, et sur qui il sait compter et espérer, que Jérémie lutte contre ce peuple rebelle.

Oui, dans leur charger de prêcher une vérité qui souvent déplaît aux hommes, tous les prophètes ont eu à souffrir opposition et persécution. Mais Jérémie a une expérience particulièrement tragique et douloureuse  semblable à celle du Christ. Il exprime ici quelques une de ses souffrances qu’il a eu à endurer : « allons-le dénoncer l’homme qui voit partout la terreur ». Le peuple de Dieu en avait assez de ses prédictions de mauvais augure comme le montre ces paroles : « parcourez les rues de Jérusalem, renseignez-vous, cherchez sur les places, si vous découvrez un homme, un qui pratique le droit, qui recherche la vérité, alors je lui pardonnerais, dit le Seigneur » Jr 5, 1 ou encore comme ces autre paroles : « fuyez, gens de Benjamin, du milieu de Jérusalem… car du nord survient un malheur, un grand désastre ». Jr 6,1

C’est sur ces avertissements sévères, que la population se révolte contre Jérémie. Malgré les assauts de toute part, Jérémie espère en Dieu, car confesse-t-il, « Dieu est avec moi ». En vérité, c’est un acte de foi, qui porte à aller de l’avant. Dans la souffrance, et la détresse et l’angoisse, les situations les plus difficiles et complexe, Dieu n’oublie pas son serviteur qui se tourne vers lui, qui lui fait confiance et qui espère en lui.

Cette confiance n’est pas passivité, Dieu ne prend pas la place de l’homme dans ses combats. Il collabore ou mieux, l’homme collabore avec Dieu pour son salut.

Quand la peur, l’angoisse, la tristesse et la fatigue envahissent le disciple du Christ, il doit se rappeler l’attitude de Jérémie, et faire confiance en Dieu. Car dit le Seigneur : « ne craignez pas les hommes…Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ». Jérémie est l’image qui préfigure celle du Christ, innocent qu’il était, il a passé sa vie en faisant le bien. Mais c’est lui que les chefs de peuples ont préféré torturer et mettre à mort sur une croix. La souffrance physique, corporelle ne doit pas être un obstacle pour un chrétien, pour être témoin du Christ.

Dans son Évangile, Jésus encourage ses disciples à ne pas reculer devant les pressions, le refus ou les persécutions, allez, « proclamez-le sur les toits ». Nous avons vaincu le monde. Ainsi, tous ceux qui croient en lui sont sauvés par la bonté miséricordieuse de Dieu. L’assurance que nous sommes sauvés par l’amour de Dieu, doit porter le chrétien à ne rien craindre pour annonce cette vérité. Se détourner de l’amour de Dieu, c’est vivre dans le péché. Voilà pourquoi, ce qui compte pour le chrétien, c’est l’amour de Dieu. C’est ce que saint Paul affirme dans ces mots «  si Dieu est pour nous, qui sera contre nous. Rien ne pourra nous séparer de lui »

Dès ici-bas, Dieu nous assiste, il est avec nous dans nos misères, dans nos prières, dans nos solitudes, dans nos incertitudes, dans nos peurs et dans nos doutes. Seulement, il nous faut faire l’expérience de la foi en lui, alors nous pourrons affirmer un jour : le Seigneur est avec moi, je n’ai plus de raison d’avoir peur, de douter, et d’être angoissé.

Demandons à Dieu, de nous donner la force et le courage d’annoncer fidèlement sa Parole, cette Parole qui libère, les prisonniers, apaise et console les affligés et guérit les cœurs blessés malgré les angoisses et les difficultés de ce monde.

Dieu notre force, libère-nous de la crainte qui nous empêche de proclamer sur les toits ce que tu nous dis au creux de l’oreille. Puisque nous avons plus de prix à tes yeux, protège-nous et affermis notre foi. Alors nous pourrons, avec courage, nous prononcer pour toi devant les hommes afin que se prononce en notre faveur Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Lui qui vit et règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

 

Pére POULI Jonathan
Père POULI Jonathan

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