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Chers Frères et Sœurs en Christ, les textes de ce deuxième dimanche de carême nous donnent des éléments nécessaires qui nous permettrons de tenir ferme sur notre chemin de persévérance. Dans l’extrait du livre de la Genèse que nous méditons en ce jour, Abraham se présente comme le prototype d’homme de foi. À l’appel du Seigneur, Abraham rompt avec ses liens familiaux, sa culture, sa religion, ses terres pour se mettre à la suite de Dieu. La finalité de toute vocation divine est le bonheur de celui qui est appelé. Le Seigneur nous appelle en réalité pour nous combler, car en lui seul se trouve le vrai bonheur. Mais cet appel implique en soi une certaine une rupture. Abraham est invité à se dépouiller d’abord de lui-même de ce qu’il a de plus cher, pour se remplir de Dieu. C’est la même attitude qu’on nous demande pendant ce temps de carême. « Pars de ton pays », le Seigneur nous invite à un véritable dépouillement, il nous invite à quitter nos sécurités, nos certitudes, tout ce qui nous empêche de Le suivre réellement, pour se laisser combler par lui. « Pars (quitte) … et je te bénirai», la promesse du bonheur est à l’entame de notre vocation. La conversion conduit à la bénédiction, la croix du Christ conduit nécessairement à la résurrection. Nous retrouvons la même dynamique dans l’Évangile de ce jour.

Le récit de la Transfiguration de Jésus qu’on nous présente dans l’Évangile se situe juste après la première annonce de sa Passion à ses disciples au chapitre 16 de Matthieu. On pourrait donc se dire qu’au moment de prendre la route de Jérusalem pour la Pâque et de traverser la faillite de leurs espoirs et de leurs illusions, les disciples avaient besoin d’entrevoir l’issue glorieuse de la crise que Jésus vient de prédire. Il fallait que les disciples apprennent que même là, dans l’horreur de la Passion, Jésus demeure le Fils bien-aimé et que le visage de douleur coïnciderait avec le visage rayonnant de gloire. Nous voyons bien que cette scène de Matthieu, présente la personne de Jésus, le Fils de l’homme, venant dans son royaume en gloire, afin de fortifier la foi des disciples lorsqu’ils auraient à rendre témoignage de lui après sa mort.

Revenons au texte : « Et Jésus les emmène à l’écart sur une haute montagne ». La montagne est le lieu de la présence de Dieu. Sur une haute montagne, Moïse avait eu la Révélation du Dieu de l’Alliance et avait reçu les tables de la Loi. C’est cette loi qui devait éduquer progressivement le peuple de l’Alliance à vivre dans l’amour de Dieu et des frères. Sur la même montagne, Elie avait eu la Révélation du Dieu de tendresse dans la brise légère. Moïse et Elie sont les deux colonnes de l’Ancien Testament (la loi et les prophètes). Sur la haute montagne de la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean, les colonnes de l’Église naissante, ont la Révélation du Dieu de tendresse incarné en Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve toute ma joie ». Nous devons également relier cette montagne à l’évocation d’une autre, celle du Calvaire, où Jésus a vécu les ténèbres pour apporter aux hommes la lumière du salut.

Quand les disciples virent ces deux éminents personnages avec Jésus, Pierre dit : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, faisons ici trois tentes : une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie. Comme il parlait encore, voici, une nuée lumineuse les couvrit ; et voici une voix de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le ». L’élément fondamental de ce texte d’aujourd’hui est la voix du Père qui dit: « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour. Écoutez-le ». La vie chrétienne consiste à écouter la Parole de Dieu, à la laisser résonner dans notre cœur pour qu’elle nous transforme. Nous les chrétiens sommes des personnes d’écoute. Nous sommes attentifs à la voix du Christ, nous prenons au sérieux son message, nous nous laissons interpeller par ses paroles.  C’est lui qu’il faut écouter maintenant, lorsque les disciples levèrent les yeux, ils ne virent que « Jésus seul » ; Moïse et Élie avaient disparu ; car, dans l’économie de la grâce que le Seigneur introduit alors, la loi et les prophètes font place à Jésus qui seul peut placer l’homme dans la bénédiction promise. Cette voix, frères et sœurs, s’adresse à chacun de nous encore aujourd’hui. Ecoutez celui qui dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mt 11,28). « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrai »,  « Il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Ac 4,12).

Entendant la voix de Dieu et voyant la nuée les couvrir, les disciples tombèrent le visage contre terre, saisis d’effroi. Cette nuée était le signe de la demeure de Dieu au milieu de son peuple. Lorsque le tabernacle fut achevé au désert, « la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplit le tabernacle ; et Moïse ne pouvait entrer dans la tente d’assignation », à cause de cette gloire dans laquelle nul n’avait jamais été admis (Ex 40,34, 35). Les disciples pouvaient donc être effrayés en se voyant couverts de cette nuée que Pierre appelle « La gloire magnifique » (2 P 1,17). Mais ils avaient avec eux celui qui avait quitté la gloire afin d’y faire entrer de pauvres pécheurs, tels que Moïse et Élie, vous et moi, et tout croyant. Lui seul pouvait leur dire : « Levez-vous, et n’ayez point de peur ».

Il est compréhensible que le «récit» de la Transfiguration nous soit proposé en ce temps de Carême. Nous aussi, nous sommes en route vers la Pâque ; non seulement vers la Pâque du mois prochain, mais vers la Pâque de notre propre mort et de notre résurrection. Comme les trois disciples, nous cheminons dans la nuée lumineuse, celle qui accompagnait déjà les Hébreux au cours de leur exode. Nuée lourde de la présence de Dieu mais, qui la cache autant qu’elle la révèle. Aujourd’hui, cette présence active cachée au cœur de la création s’est manifestée (voir la deuxième lecture). Le Christ de toujours est devenu visible et nous sommes invités à contempler sa gloire, à l’écouter, à le suivre. Il est la voie (le chemin) lumineuse qui conduit à la vie. «Celui-ci», dit la voix venue du ciel : celui-ci, pas un autre. De même Abraham (1re lecture) avait entendu : «Je ferai de toi une grande maison». De toi, pas d’un autre. Voici que maintenant Jésus accomplit ce que préfigurait Abraham : en lui, et lui seul, sont «bénies» (sauvées, éternellement vivifiées) toutes les familles de la terre. Oui, mais comme nous l’avons déjà noté, la Transfiguration, la prise de conscience de notre avenir de lumière, ne dure qu’un instant. Impossible, pour l’instant, de dresser nos tentes, de nous installer dans la lumière divine. Retenons la consigne de Jésus : «N’ayez pas peur». La peur, contraire de la foi, peut nous saisir à l’heure de la révélation lumineuse comme aux heures de la traversée des ténèbres.

Au cœur des mystères dans lesquels nous vivons parfois, au milieu de toutes les questions qui se posent sur le sens de nos vies, sur le sens de nos souffrances, sur le sens du monde qui nous paraît souvent obscur et confus, il est bon de nous rappeler la grande lumière qui est celle du Christ, donnée visiblement, en un instant, aux apôtres à la Transfiguration. Et qui nous est donnée et que, parfois, nous ressentons nous aussi en un instant de grâce.

Si le dimanche dernierl’ évangile a évoqué d’une manière particulièrement efficace la solidarité de Jésus avec chacun de nous dans la tentation, il nous nous rappelle en ce jour que la gloire qui resplendit sur le corps de Jésus est la même gloire à laquelle il veut associer tous les baptisés dans sa mort et sa résurrection.

 

Pére SOSSA Didier

Père Didier SOSSA, sdb

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