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Frères et sœurs dans le Seigneur, la liturgie de ce dimanche nous introduit déjà dans la fête de Pentecôte. La parole de Dieu de ce jour nous parle de deux thèmes intrinsèquement liés : la fidélité aux commandements, critère décisif de l’attachement au Christ, gage de l’envoie de l’Esprit consolateur ; la fidélité chrétienne, communion à la vie du Père et du Fils dans l’unité du Saint Esprit.

Dans la première lecture, on nous parle de la mission de Philippe en Samarie. En effet, la persécution des chrétiens de Jérusalem au lendemain du martyr d’Etienne va pousser beaucoup à quitter Jérusalem pour se réfugier dans les contrées de la Palestine. C’est ainsi que certains chrétiens vont se retrouver en Samarie, à Antioche… Ces chrétiens fuyant la persécution de Jérusalem annonceront la Bonne Nouvelle du ressuscité partout où ils iront. Et donc, grâce à la persécution en quelque sorte, la Bonne Nouvelle déborde Jérusalem et atteint les autres villes de Judée et de Samarie. C’est ainsi que Philippe est descendu en Samarie, mais au lieu de s’y cacher, il se met à prêcher la Bonne Nouvelle du Ressuscité, au point où il déborde la mission qui lui avait été confiée ; car au début Philippe avait été choisi pour être l’un des sept du service des tables des veuves à Jérusalem, pour que les douze apôtres puissent continuer d’assurer la prière et le service de la parole à la communauté. Et voilà que Philippe devient prédicateur en Samarie. En même temps, Philippe reste lier à la communauté de Jérusalem qui lui envoie Pierre et Jean, qui viendront en quelque sorte authentifier le travail accompli par Philippe. Ce texte nous montre, que l’annonce de l’évangile est une œuvre ecclésiale ; chacun selon son statut est appelé à apporter sa pierre. La vie ecclésiale n’est donc pas du cinéma avec d’un côté des acteurs et de l’autre des spectateurs.  En outre, cette mission de Philippe est pour nous aujourd’hui, un exemple d’attention aux « signes des temps » à retenir et à méditer. Ce texte invite nos communautés chrétiennes à sortir de leurs commodités et à être attentives aux nouveautés qui constituent un défi pour la mission de l’Eglise contemporaine. Pour être capable d’être attentifs aux « signes des temps », il faut que les disciples du Christ soient d’abord prêts à rendre compte de leur foi aux hommes et aux femmes de notre temps. Et c’est ce à quoi nous invite la deuxième lecture, tirée de la première lettre de Saint Pierre apôtre.

A lire entre les lignes ce texte, on pourrait imaginer que les interlocuteurs de Pierre connaissaient des moqueries de la part des païens. Ils ne rencontrent pas une persécution déclarée, mais une hostilité latente ; il leur fallait donc s’expliquer chaque fois qu’ils refusaient certaines pratiques païennes, comme les sacrifices aux divinités par exemple. Au milieu de ces difficultés, l’apôtre Pierre donne à ses interlocuteurs un code de conduite chrétienne : audace humble et respectueuse de tous dans la profession de foi ; fidélité à faire le bien quoi qu’il en coûte ; en toute circonstance se comporter comme le Christ. En effet, Pierre nous demande d’oser dire notre espérance. Pour lui, il s’agit de prime abord de donner un témoignage de foi et d’espérance. Alors, ceux qui nous voient vivre se demanderont immanquablement d’où nous vient notre espérance indestructible. Nous ne pouvons témoigner de Jésus-Christ que si nous avons d’abord vécu l’espérance. Ce qui veut dire que notre témoignage se fait d’abord en actes et non en paroles. Le témoignage le plus urgent et convaincant aujourd’hui est celui d’être capable de mener une vie chrétienne authentique et cohérente. C’est peut-être dans ce sens-là qu’on peut comprendre cette phrase de Jésus : « que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5,16). Rendre compte de notre espérance aujourd’hui, c’est donc donner un témoignage de foi et d’amour mutuel qui suscite la conversion de ceux qui n’ont pas encore accepté le Christ. Cela demande justement d’aimer le Christ par l’observance de ses commandements pour être toujours assisté par son Esprit. C’est à cela que l’Evangile nous invite.

L’évangile s’ouvre et se conclut par le thème de l’amour envers Jésus, une inclusion en langage technique. L’amour, nous le savons, a besoin de signes concrets, de preuves et non seulement de belles paroles. Pour Jésus, la preuve de notre amour envers lui se traduit par notre fidélité à ses commandements. Qui aime Jésus a signé un contrat de fidélité avec lui. On ne peut pas aimer Jésus à moitié, se considérer comme ses sympathisants, choisir d’observer quelques uns de ses commandements qui nous plaisent et rejeter les autres. Et ses commandements nous les connaissons : aimer Dieu et aimer son prochain. Pour témoigner efficacement du Christ et lui manifester nos actes concrets d’amour, nous avons besoin de l’Esprit de vérité. Jésus nous en fait la promesse, car il connaît notre fragilité humaine. Si l’Eglise tient bon depuis deux mille ans, si le nombre des disciples du Christ augmente c’est à cause de la présence bien qu’invisible du Saint-Esprit. Le départ du Christ ne sera alors qu’un changement de mode de sa présence au milieu de nous. Il n’est donc pas simplement un personnage historique qui a laissé ses traces sur terre, il est Dieu qui nous accompagne dans tous nos combats.

Annoncer l’évangile, sans honte et avec courage dans notre contexte africain où différentes formes de mouvements religieux et de sectes poussent comme des champions, est un acte d’amour envers Jésus. Cette annonce du Royaume de Dieu doit être joyeuse. Il s’agit d’une bonne nouvelle : Dieu nous invite à entrer dans son projet d’amour. C’est une invitation au bonheur et il faut que cela se voie dans notre vie. Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte. Nous serons invités à accueillir l’Esprit Saint et à répondre à l’amour du Christ qui s’est donné pour le salut du monde. Prions-le pour qu’il nous transforme au plus profond de nous-mêmes pour nous aider à vivre et à aimer comme lui et avec lui. Amen.

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D BALOGOUN Arsène
Diacre BALOGOUN Arsène, sdb

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