Comment devenir salésien ?

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Devenir religieux salésien est une vocation c’est-à-dire, un appel que l’on reçoit de Dieu et qui peut nous arriver de différentes manières. L’appel de Dieu est adressé à tous les baptisés qui cherchent à découvrir ce que Dieu veut qu’ils réalisent dans leur vie. Dans le cadre de la foi, chaque chrétien reçoit un appel unique et personnel de Dieu auquel il cherche à donner librement une réponse en vue de son bonheur.

Cet appel peut être ressenti à toutes les étapes de la vie mais surtout au moment de la jeunesse, période de la vie où l’on se pose la question des choix décisifs à faire pour son avenir. C’est un moment durant lequel si l’on est attentif à ce qui se passe autour de soi et si l’on a le désir de s’engager davantage dans sa vie de foi, alors on peut se poser une question fondamentale : qu’est-ce que Dieu attend de moi sur cette terre ? Comment puis-je répondre de façon concrète à son appel ?

  • Qui sont les salésiens de Don Bosco ?

Nous salésiens de Don Bosco sommes des religieux, des hommes qui ont choisi de répondre à l’appel reçu de Dieu pour se mettre totalement à la suite du Christ. « Le nom salésien a été voulu par Don Bosco, parce qu’il voulait que ses fils s’inspirent de la bonté et du zèle de Saint François de Sales »[1]. Nous vivons ensemble dans des communautés où la fraternité est la norme. En outre, nous sommes à la recherche de Dieu à travers la prière mais aussi à travers le travail pour les jeunes, surtout les plus pauvres et abandonnés.

La congrégation des Salésiens de Don Bosco a vu le jour le 18 décembre 1859. Don Bosco, le fondateur a invité plusieurs jeunes à rester avec lui pour l’aider. Ensemble, ils ont pris en charge les jeunes pauvres de Turin (Italie). Ils ont donc fondé la Société de Saint François de Sales couramment appelés Salésiens de Don Bosco.

Aujourd’hui, la congrégation compte environ 15000 religieux prêtres et laïcs. Elle est présente sur les 5 continents dans près de 135 pays. Il y a plus de 1500 salésiens en Afrique, dont 152 en Afrique de l’Ouest où se trouve la province Notre Dame de la Paix de l’Afrique Francophone Occidentale (AFO) formée de sept pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Sénégal, Togo.

La vie salésienne propose deux formes : comme frère (ou « coadjuteur » selon le langage salésien) ou comme prêtre, avec les mêmes engagements à travers les vœux et la vie en communauté. Complémentaires, salésiens prêtres et salésiens coadjuteurs (frères) répondent au charisme de la congrégation : s’occuper de l’éducation chrétienne et citoyenne des jeunes là où ils sont, notamment les plus pauvres ! Bref de même que Don Bosco est appelé « l’ami de Dieu et l’ami des jeunes », on peut définir la vocation salésienne de la même façon.

  • Qu’est-ce qui fait la spécificité des salésiens ?

Don Bosco notre père, nous a confié un trésor qu’il a reçu lui-même du Seigneur : il s’agit de sa passion pour les jeunes, spécialement les plus pauvres qui ont été les premiers et principaux destinataires de sa mission.

À sa suite, nous salésiens poursuivons cette mission auprès des jeunes. Cela est d’autant plus important que les jeunes sont à une étape cruciale de leur vie et leur besoin d’éducation est fondamental. Ils sont, en outre, l’avenir de la société et de l’Eglise. C’est pourquoi ce qui nous caractérise et constitue notre raison d’être ce sont les jeunes. Cette réalité de la jeunesse « investit toute notre vie » dans ses différents aspects. Le cœur du salésien bat au rythme de celui des jeunes. Pour cela, il est attentif aux situations dans lesquelles ils vivent, il écoute leurs cris, leurs désirs, leurs espoirs en les accompagnant dans la recherche de leur chemin.

  • Pour devenir salésien : quels chemins suivre ?

Il faut donc un temps de recherche, de réflexion et de prière appelé temps de discernement pour savoir si le seigneur t’appelle à devenir salésien. Ce travail se fait avec l’aide d’un accompagnateur spirituel. Quand un jeune ressent l’appel de Dieu à devenir salésien pour se consacrer à Dieu et aux jeunes, il doit alors suivre un processus de formation qui lui permettra de faire l’expérience de la vocation salésienne. Il s’agit de se former à devenir salésien dans une attitude de foi, d’amour et d’espérance.

La formation de base qu’on appelle  « formation initiale » se fait en différentes étapes de discernements et d’engagements.

  1. Le prénoviciat: Cette étape est une préparation immédiate au noviciat qui dure une année scolaire. La maison de formation du prénoviciat se trouve à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Il consiste en une première expérience de vie en communauté pour permettre au jeune qui se sent appelé à la vie salésienne de se connaître soi-même, de vérifier son aptitude à la vie salésienne, de murir comme homme et comme chrétien en vue de faire un choix libre et généreux.
  2. Le noviciat: il est la véritable première expérience religieuse comme telle. Il a pour but d’initier le jeune qui y entre à la vie salésienne en l’aidant à intégrer et à assumer les différents aspects de la vie salésienne. Le noviciat dure une année entière (12 mois) qui se passe dans le discernement pour vérifier si l’on est fait pour la vocation salésienne. Cette étape se termine par les premiers engagements religieux dans la congrégation salésienne, engagements qu’on appelle « profession religieuse » dont le noyau est constitué par les vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté. Notre noviciat se trouve à Gbodjomé, près de Lomé au Togo.
  3. Le postnoviciat: celui-ci est une phase de maturation de la vie religieuse salésienne à laquelle on s’est engagé par la profession religieuse à la fin du noviciat. Il s’agit donc de renforcer les acquis du noviciat et de se préparer pour l’étape suivante qui est le stage pratique. Cette maturation se fait à travers la vie communautaire et les études qui permettent d’approfondir l’initiation faite au noviciat et d’avoir les compétences pour le stage pratique. Le postnoviciat dure trois ans. Il se trouve à Lomé au Togo.
  4. Le temps de stage pratique: cette étape se déroule dans une des communautés de la province avec un accent particulier sur le travail éducatif auprès des jeunes. Il vise à « l’insertion progressive dans le travail éducatif et pastoral du jeune salésien »[2]. Le stage pratique permet de faire l’expérience de la mission salésienne dans sa méthode et dans toute son exigence.
  5. La formation spécifique: cette étape se subdivise en deux parties selon que le jeune salésien est coadjuteur (frère) ou candidat à la prêtrise.
  • La formation spécifique du salésien coadjuteur: cette étape consiste en la formation qui concerne les frères de la congrégation salésienne pour les préparer à l’engagement définitif, à savoir la profession perpétuelle. La formation spécifique du salésien coadjuteur permet l’approfondissement la spiritualité salésienne, assure une formation théologique ainsi que technique et professionnelle. Cette spécialisation se fait actuellement à Yaoundé au Cameroun.
  • La formation spécifique du salésien prêtre: pour les candidats à la prêtrise il y a également une formation spéciale qui respecte les orientations de l’Église pour la formation des prêtres. Dans ce sens, pour les salésiens cette formation dure quatre ans et se passe la plupart du temps à Yaoundé au Cameroun mais elle peut aussi se faire ailleurs. Pendant les études de théologie, le salésien se prépare aussi à son engagement définitif dans la congrégation salésienne.

Conclusion

Comme tout processus, celui de la formation initiale salésienne que nous venons de parcourir n’est pas un ensemble d’informations que l’on donne aux jeunes en formation. Elle vise à la transformation  intégrale de la vie en vue d’intégrer toutes les valeurs de la vocation salésienne. Si la formation n’occasionne pas le changement, une transformation interne alors elle n’est pas formation. Cette transformation dans mes sentiments, ma vision, mes attitudes, mes aspirations, mes désirs doit advenir à travers la formation qui m’est donnée et dont je suis le premier responsable. Je dois collaborer avec l’esprit qui forme Jésus en moi.

[1] Le projet de vie des salésiens de Don Bosco, guide de lecture des constitutions salésiennes, p. 122.

[2] Constitutions 102

 

 

Père Emmanuel THERA, sdb

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