Il me plait de partager avec vous quelques unes de mes réflexions en ces moments de préparation immédiate á mon ordination sacerdotale. En effet, c’est un temps particulièrement fructueux et stimulant dans la mesure où je contemple, juste devant moi la réalisation d’un de mes rêves les plus chers. Le Seigneur est grand, il met au fond de nos cœurs des désirs que seulement Lui peut combler. Que son nom soit Loué.

L’approche du 14 juillet, date prévue pour mon ordination provoque en moi une certaine tension et suscite l’envie de faire marche arrière pour contempler ce qu’ont été onze années de formation initiale. D’entrer de jeu, j’aimerais préciser, déjà que chaque sdb est responsable de sa formation, que pour moi notre formation consiste a faire grandir l’amour que Dieu a semé dans les cœurs de chacun de nous, un amour qui se révèle d’autan plus fort en face des jeunes surtout les plus pauvres et qui commence au sein de nos communauté, avec nos frères avec lesquels nous partageons la vie et la mission. Je profite de l’occasion pour remercier les formateurs que le Seigneur a mis sur mon chemin pour avoir réussi à susciter en moi le désir et l’enthousiasme pour la formation permanente, le zèle de l’apprentissage et la soif de savoir plus pour mieux servir.

Je voudrais bien m’arrêter sur chaque aspect de notre vie et analyser comment il contribue à la formation du cœur salésien débordant de joie et résolument tourné vers le salut de la jeunesse en péril. Mais je suis actuellement plus impressionné par la différence de valeurs et de considérations entre ma communauté chrétienne d’origine et moi d’une part et  mes parents et moi d’autre part.

Avant tout il faut remarquer que la formation salésienne, ou mieux la vie salésienne, nous transforme en étranger chez nous dans tous les sens de l’expression. Dans un monde en perpétuel mouvement, tout est dynamique. Même le paysage africain qui paraît inchangé entre dans ce dynamisme général. Contrairement aux rues et édifices, qui peuvent changer d’une année à une autre, les mentalités demeurent difficiles de changer. Chaque culture en arrive à en construire une, avec laquelle elle s’identifie. La mentalité se construit sur des valeurs anthropologiques qui se manifestent dans la manière de célébrer les grands évènements, dans la forme de relation interpersonnelle, la manière de se vêtir et même dans les repas.

La préparation d’un événement comme l’ordination sacerdotale provoque au sein de la communauté chrétienne et de la famille un dialogue qui me révèle les fruits de 11 ans de formation. Les critères qui fondent nos options ne sont plus les mêmes, les valeurs ont changés ou tout au moins leur compréhension, les préoccupations ne sont plus les mêmes. En définitive l’attitude face au monde, à la vie, à la réalité quotidienne s’est métamorphosée. Le gout des grandeurs fait place à la simplicité, l’indifférence face á un certain nombre de problèmes sociaux se transforme en une souffrance intérieure qui attise la réflexion et conduit à un sentiment de solidarité. Sans aucune prétention de supériorité ni de héros, on cherche les voix et moyens pour laisser, comme les mots à l’oreille de Don Bosco, quelques réflexions qui éveillent  les consciences aux aspects considérés évidents et qui en réalité ne le sont pas.

Conscient de la légitimité des initiatives et de la nécessité pour les parents et amis d’exprimer leur joie et rendre grâce à Dieu pour ce grand don, je me demande quelle est la limite entre le culturel et le salésien, comment faire pour que ces deux valeurs n’arrivent pas à se contredire ? Comment assurer la transparence du charisme salésien dans un milieu fortement cléricalisé ?

Je crois que toutes ces questions trouveront leur réponse lorsque nous serons capables de faire une lecture adapter, mais pas moins rigoureuse et fidèle aux sources, du charisme que Dieu a donné a son Eglise au travers de Don Bosco. La question de l’inculturation n’est donc pas une question simplement pastorale, de manière de travailler ou de comportement en face de nos destinataires, sinon une question transversale. Il s’agit de convertir des mentalités et des cœurs, tâche qui n’est pas facile et qui requière beaucoup de temps, d’énergie et de la patience. Je crois que c’est aussi ici le lieu de notre contribution à la transformation de la culture selon l’Evangile de Jésus. Ouvrir la porte de nos cultures à l’Evangile afin que l’Esprit du Seigneur purifie ce qu’il y a d’obscur et qui ne favorise pas la promotion de l’humain car le mystère de l’Incarnation nous montre précisément le chemin du bonheur qui n’est autre que la récupération de l’authentiquement humain.

Je nous laisse pour notre réflexion cette phrase de Martin Luther King : « LES ACTES DE MAUVAISES PERSONNES NE ME FONT PAS AUSSI MAL QUE L’INDIFFÉRENCE DES BONNES PERSONNES »

2 Commentaires

  1. Oui mon frère bonne chance à toi, et ke par l’intercession de notre Père et Maitre de la jeunesse, tu puisse accomplir la mission à la quelle Dieu t’appelle.

  2. je ne peux que louer cette réflexion que tu mènes en ces derniers temps, en cette période où tu te prépares pour ton ordination presbytérale. C’est une très bonne chose de savoir faire un feed back pour revoir le passé, revoir ce qu’a été ces onze ans de formation pour toi. Tu as pu constater que tu n’es plus le même Élie du début de formation que de la fin. Que Dieu te bénisse. Bon ministère sacerdotal à toi Cher Élie.

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