Comme prévu, le  Congrès a débuté, ce Dimanche 25 Août 2013, avec les laudes et le petit déjeuner, à 07h 00.

A 08h 30, les congressistes ont rejoint la salle de conférence. Une petite prière et des détails d’organisation  de la journée furent donnés par le P. Ferdinand ZIGUI, coordinateur de ce congrès. Suivit un briefing de la journée précédente présenté par la sœur Yvette DJOSSOU(FMA), puis la parole fut donnée au Frère Hernan CORDERO (SDB) pour la présentation du  sixième thème de ce congrès : Le système préventif vu par la société contemporaine.

INTERVENTION DU FRÈRE HERNAN, Salésien de Don Bosco

A 08h 45, le Frère Hernan, Salésien de Don Bosco prit donc la parole pour exposer le sixième thème du congrès intitulé :Le système préventif vu par la société contemporaine et reformulé comme suit : Une interprétation plus ouverte du système préventif.

Le Frère dans son introduction se demandait pourquoi réinterpréter le système préventif ?

Plusieurs sont, selon le frère, les facteurs qui justifient la nécessité de réinterprétation de notre système pédagogique, le système préventif. Celui-ci doit être réinterprété, nous dit-il, parce que :

–          Nous vivons dans  des contextes pluriculturels, pluri-religieux,

–          La spiritualité est vivante et donc dynamique,

–          Le système préventif est un patrimoine à partager dans l’Eglise et dans le monde et les autres doivent pouvoir l’interpréter,

–          Afin qu’on puisse être l’Etat et les autres institutions puissent nous aider.

            Entrant dans le fond même du thème, le Frère a tout d’abord procédé à la définition de certains concepts qui interviendront dans son exposé ;Il a ensuite présenté l’interprétation traditionnelle qu’on fait du Système Préventif, puis un autre essai d’interprétation dans le contexte social plus ouvert d’aujourd’hui.

La raison : le bon sens, le jugement, la tolérance

Alors que nous interprétons traditionnellement la raison comme l’attitude  qui consiste à convaincre les jeunes que les règles et punitions données sont ‘‘adéquates’’, dans notre contexte actuel d’interprétation de la raison, il est question  d’établir une relation ouverte de dialogue, de conscientisation.

La religion : Il s’agit ici, dans son interprétation traditionnelle nous dit le frère, de l’ensemble des pratiques de piété, des enseignements de la foi chrétienne et des célébrations des sacrements. Cependant ajoute-t-il, dans le contexte pluri-religieux d’aujourd’hui, la religion signifierait un enseignement de la présence de Dieu dans tous les êtres humains et dans la nature, témoigner du christ à travers le dialogue inter-religieux, apprécier le meilleur des autres religions et accompagner ceux qui désirent suivre le Christ.

La bonté affectueuse (l’Amorevolezza) : Sur le plan traditionnel, continua le conférencier, il est question d’aimer les enfants et les jeunes, d’être pour eux un père, un ami et s’occuper d’eux en tout moment. Dans le contexte social d’aujourd’hui, l’Amorevolezza signifierait être là pour tous, s’incarner dans les contextes où nous sommes.

La charité : Dans son interprétation traditionnelle, la charité signifie « travailler pour le salut des âmes, guider les jeunes qui sont sur le mauvais chemin et secourir les jeunes pauvres. Mais dans le contexte social actuel, notre travail est de lutter pour la dignité de la personne humaine et de conduire les jeunes au Christ pour ceux qui ne pratiquent aucune religion, de parler de la transcendance de Dieu et de l’amour du prochain à ceux qui sont pratiquants d’autres religions.

Prédilection pour les jeunes : Dans son sens traditionnel, il s’agit de travailler pour les jeunes, les accueillir dans nos maisons et leur offrir une bonne éducation. Cependant, dans le contexte social de nos jours, il agit d’un travail destiné à toute la société mais dont les jeunes (filles comme garçons) sont les plus grands bénéficiaires.

Esprit de famille : il ici traditionnellement question de familiarité, d’affection mutuelle, de partage, de fêtes, etc. Les SDB sont censés être pères et frères des jeunes, en pratiquant la correction fraternelle. Aujourd’hui, il s’agit de Construire les communautés : notre communauté religieuse, la CEP, les communautés villageoises, les communautés paroissiales…, de promouvoir l’unité et le bon voisinage entre les castes sociales (ethnies) pour construire la famille de Dieu.

Optimisme et joie : Traditionnellement, cela consistait à croire à la bonté des jeunes, à être toujours joyeux ! De nos jours, il s’agit de croire à la présence du Christ dans l’histoire et à la bonté des êtres humains. Notre joie c’est que les autres réussissent.

Créativité : elle se déploie traditionnellement dans les activités de loisir, la liturgie, etc.  Aujourd’hui, c’est la capacité de mettre en marche de nouvelles initiatives pastorales, plus larges, plus ouvertes, sans peur ; c’est aussi encourager et valoriser les nouvelles initiatives des autres.

Travail et tempérance : Il s’agit originellement d’un travail infatigable, et d’un style de vie sobre. De nos jours, il se traduit aussi dans un savoir-faire en planification, en stratégie et élaboration des projets en faisant la meilleure utilisation possible des ressources, dans un style de vie simple et indépendant, une gestion claire, la volonté de partager le pouvoir et de renoncer à la notoriété, en se mettant en retrait pour favoriser le leadership chez les autres.

Flexibilité : S’exprimant avant tout dans le côtoiement des jeunes, une certaine attitude d’ouverture et d’écoute ; aujourd’hui, c’est surtout une capacité de changer paradigme et de s’adapter à de nouvelles situations.

Présence : elle consistait dans le temps à être physiquement présent parmi les jeunes avec amour et suivre de près leurs mouvements. Aujourd’hui, il s’agit aussi de s’incarner dans la communauté dans laquelle nous travaillons, de vivre avec les pauvres et non seulement pour eux, d’être présent dans les secteurs les plus pauvres en vivant un style de vie propre du milieu.

Assistance : Il s’agissait traditionnellement de veiller sur les jeunes avec amour, de les aider en tout. Dans les contextes actuels, il s’agit surtout d’appuyer, de laisser le protagonisme à d’autres personnes, en restant stratégiquement en arrière-plan.

Béatitudes des pauvres : elle consistait dans la simplicité et l’obéissance ; aujourd’hui, nous enseignons aux pauvres l’amour, « l’Evangile de la Pauvreté », la Tolérance, la non-violence.

Sens d’Eglise : Nous défendions l’Eglise Catholique ; maintenant, nous renonçons au triomphalisme et pensons comme peuple de Dieu devant faire le bien à toute l’humanité. Nous nous ouvrons aux autres au nom du Christ.

Honnête Citoyen : Nous étions censés former des citoyens qui respectent les autorités et les obligations civiles en vigueurs. Aujourd’hui, nous sommes appelés à former des citoyens politiquement et socialement actifs, qui participent à la vie publique et à la lutte pour les causes justes ; nous développonsen eux le sens critique et la capacitéde dénoncer le mal.

Royaume de Dieu : Traditionnellement, nous pratiquons la « Politique de Notre Père ». Aujourd’hui, Notre Seigneur Jésus doit être le roi au-delà de nos maisons et nos églises, c’est-à-dire aussi dans l’espace civil, dans arène politique, dans la culture, l’économie et la vie sociale.  Dépasser la notion de personne charitable aidant les pauvres qui sont à ses côtés, et agir de manière plus institutionnelle.

Civilisation de l’amour : Originellement, il s’agit de promouvoir un Amour idéal entre tous les êtres humains. Aujourd’hui, il est indispensable d’œuvrer pour la culture de l’intérieur.

Sens d’appartenance : Il s’agissait d’être propriétaire de nos domaines! De nos jours, il est question d’être administrateurs, et non propriétaires de ce que nous avons, parce que tout appartient aux pauvres. Impliquer de plus en plus les laïcs dans la gestion de nos œuvres.

Collaboration : Nous donnions la possibilité aux personnes de nous aider dans notre travail ; aujourd’hui, nous sommes appelés à travailler en réseau,  avec « tous ceux qui veulent travailler de cœur avec les jeunes » (CG26, 104),collaborer avec les Gouvernements et les ONG, avec la Famille Salésienne et d’autres personnes de croyances différentes de la nôtre.

Prévention : Il s’agissait d’éviter le mal, en l’affrontant par le bien ; prévenir les dangers. Dans les contextes actuels, nous sommes appelés à prévenir les démons sociaux plutôt que de lutter contre eux. Par exemple, prévenir la fuite des enfants plutôt que de créer pour eux un foyer d’accueil ou de les chercher dans les rues ;aller àla racine des problèmes (pré-venir => venir avant) ; être visibles dans notre travail pour avoir une influence dans le milieu.

 Après l’exposé du Fr Hernan CORDERO sur le thème : une interprétation plus ouverte du Système Préventif », eut lieu la table ronde autour de la thématique : Vivre le système préventif aujourd’hui en Afrique, est-ce possible ? Le modérateur de cette table ronde fut le Père Georges KOEVI. Les intervenants sont entres autres la Sr  Vicky (FMA), M. TOVIDEDJO Zéphirin (SSCC), Fr Norbert ZAKPE (sdb) et M. AGBEMENYA Michel (ADMA). Il s’agissait d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes:

–          Le système préventif peut-il encore être appliqué aujourd’hui ?

–         Le système préventif peut-il remplacer le système répressif ? Ou peut-on agréger les Deux ?

–          Comment utiliser le SP par rapport aux nouvelles technologies ?

Nous pouvons retenir de cette table ronde que le système préventif de Don Bosco est toujours d’actualité. Il est un héritage qu’il faut accueillir, connaître et approfondir pour mieux orienter nos activités éducatives.

Le débat s’est aussi tourné vers les tendances actuelles de certaines sociétés surtout africaines qui continuent par adopter le système répressif. Quoi faire ? Il nous revient à nous tous, membres de la famille salésienne, d’être au milieu de ces sociétés, témoins de ce riche héritage qui nous est laissé à travers la douceur, la bonté et la simplicité du cœur avec lesquels nous éduquons nos jeunes. Ainsi, les résultats de nos actions pourront dans chacune de ces sociétés être des témoins vivants de cette pédagogie.

En ce qui concerne l’influence des nouveaux moyens de communication, nous sommes invités en tant qu’éducateurs à sensibiliser les parents afin qu’ils s’emploient à gagner la confiance des enfants en étant proches d’eux, en dialoguant avec eux, en leur montrant les bienfaits et les risques des nouveaux moyens de Communication.

En somme, le système préventif se révèle le meilleur système d’éducation à coté du système répressif.

Mot de clôture du Provincial

« Dieu a fait pour nous des merveilles durant ces trois jours passés ensemble en famille, saint est son Nom ».

Dans son mot, le Provincial a remercié tous les congressistes pour leur attention, leurs riches apports et les expériences partagées, toutes choses ayant fait la réussite de ce congrès.

   Ce congrès d’après le Provincial, n’avait pas eu lieu seulement pour connaitre le Système préventif mais plutôt, pour faire l’expérience du SP en vivant en Famille sur les trois piliers du ce système : Raison, Religion et L’Amorevolezza.

Ce congrès, ajoute-t-il, consiste à réactualiser le SP par nos réflexions et apports. Mais, le fait d’avoir vécu ensemble ces trois jours a été déjà une sorte de réactualisation, car chacun de nous a pris conscience de la nécessité pour nous de continuer d’avancer pour rendre plus visible et réelle cette pédagogie héritée de notre père Fondateur.

Comme de coutume, le provincial en guise de résumé,  proposait  quelques points essentiels en s’appuyant sur tous les thèmes débattus lors de ce Congrès :

–                     Par la Vision d’ensemble du Système Préventif, présenté par Philomène, nous avons constaté les difficultés que nous pourrions trouver dans l’actualisation du SP et dans sa mise en pratique.

–                     Par la connaissance du contexte historique dans lequel est né le SP – présenté par moi-même – nous avons pu vérifier que dans notre milieu il y a des germes de ce Système que nous devons savoir exploiter et purifier pour le bien des jeunes, tout en s’appliquant en même temps à en implanter les traits qui ne sont pas encore visibles, avec toujours en vue l’originalité de Don Bosco : la formation intégrale du jeune et la présence du père, du frère et de l’ami parmi eux ;

–                     La présentation des Fondements du Système Préventif,  par Sœur Vicky, nous a permis d’approfondir la vocation de l’éducateur et de constater la grande richesse que les mots raison, religion et bonté affectueuse (amorevolezza) recèlent en eux-mêmes ;

–                     À travers la présentation faite par Gisèle sur le thème de la présence selon le style de Don Bosco, un petit débat a été ouvert sur la qualité la plus exacte que nous devrions donner au mot « présence » : est-ce une présence physique ? fraternelle ? amicale ? active ? animatrice ? ou de témoignage ? etc. Je pense qu’il y a un mot qui peut bien englober tous ces traits : Don Bosco! Appelons-la, tout simplement, présence « Don Bosco »…

–          M. Antoine nous a aidés à méditer sur la place de Marie dans la pédagogie de Don Bosco.

–            Finalement, le Fr Hernán nous a permis de mieux comprendre encore le Système Préventif vu par la société contemporaine. Encore une fois, nous voyons l’actualité et la pertinence de ce système qui ne cesse d’être un trésor pour nous et pour la société.

     Pour finir, le Provincial a remercié tous les membres de la Famille provinciale ainsi que les intervenants pour les efforts consentis, pour le bon déroulement de ce Congrès. Allant dans la même ligne que le Recteur Majeur, il rappelé que « nous sommes appelés à être de saints éducateurs ».

Avec ce congrès nous couronnons donc cette deuxième année de préparation au Bicentenaire. Il déclara clos le congrès en ajoutant que « notre attention doit maintenant se centrer sur la spiritualité de Don Bosco ».

A la suite de ce mot de clôture du Provincial, eut lieu la célébration eucharistique dans la chapelle de la maison Don Bosco, présidée par le Provincial, le Père Faustino GARCIA. Dans son introduction, le Père faisait un rapprochement de la pédagogie de Jésus qui n’est autre chose que ce que nous célébrons dans chaque Eucharistie à la pédagogie de Don Bosco. En effet, dans la pédagogie de Jésus nous disait-il, nous observons Jésus qui vient à la rencontre de chacun de nous, qui se sacrifie pour nous et qui se donne à chacun de nous sous les espèces de pain et de vin. Nous observons, ajoute-t-il, la même logique dans la pédagogie de Don Bosco, pédagogie qui consiste à aller à la rencontre de jeunes, à se donner à eux comme un père, un ami qui les aime et à leur donner du pain à travers une éducation intégrale.

Dans son homélie, commentant l’Evangile du jour, Evangile qui invite à passer par porte étroite, le Père à insister sur l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis du Seigneur :Nous laisser guider par le Seigneur dans la confiance et adhérer à la logique qu’il nous propose.

Le congrès prit fin effectivement après la célébration avec le repas et une petite animation sous forme de louange à 13h20’.

Le secrétariat

 

1 COMMENTAIRE

  1. Quelle efficacité dans la concision et la relation des activités, et quelle promptitude pour la publication du compte rendu !
    Toutes mes félicitations à l’équipe de rédaction grâce à laquelle ceux qui ont été empêchés seront au même niveau d’information que ceux qui ont participé à cette rencontre provinciale.
    Chapeau à vous.

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