Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

           La liturgie de ce dimanche, nous invite à contempler avec Jean-Baptiste le Christ comme le véritable ‘‘Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde’’. Le titre donné par Jean-Baptiste à Jésus est riche de signification. Dans le contexte d’Israël, l’agneau est d’abord l’agneau pascal. Il rappelle l’agneau qu’on a immolé et mangé en Égypte sur l’ordre de Dieu. C’est le sang de cet agneau sur les portes des maisons d’Israël qui les a protégés de l’épidémie qui frappait l’Égypte. Jean-Baptiste a été envoyé essentiellement pour :

  • Annoncer l’imminence de la venue du Messie, plus précisément de “Celui qui enlève le péché du monde”, de “Celui qui baptise du Saint-Esprit” ;
  • Préparer les âmes des israélites à ce rendez-vous solennel précédemment annoncé par le prophète Amos : “Le Seigneur, l’Eternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes” (Am. 3,7). Son message de repentance et d’espoir sera pareillement adressé à ceux qui se réclament de Dieu. Jésus prêchait un message identique à celui de Jean (celui de la repentance, avec le grand discours sur la Montagne. Voir Mt 5-7). Le Christ est l’agneau de Dieu qui s’offre en sacrifice pour enlever nos péchés et pour nous ouvrir la terre promise du ciel.

Dans la langue araméenne, le mot ‘‘agneau’’ est le même que le mot ‘‘serviteur’’. Jésus est tout aussi bien l’agneau que le serviteur de Dieu. Contrairement à l’agneau du sacrifice de l’Ancien Testament qui avait libéré les personnes d’un peuple en particulier, Jésus est l’agneau libérateur de tous les êtres humains et de tous les peuples. Sa mission de serviteur est universelle et elle s’adresse à tous. C’est ce que Jean-Baptiste témoigne publiquement de Jésus. Le faisant Jean-Baptiste accomplit sa mission de témoin.

Jean-Baptiste, témoin du Christ

 

Comme tous les prophètes, Jean annonce la venue du Seigneur. Mais il est unique car il fait déjà partie des événements annoncés. Tout le poids du témoignage de Jean est dans le mot « voici », c’est-à-dire dans l’affirmation de la présence de l’événement qu’il avait d’abord annoncé. Désigner Jésus comme celui qui vient après lui, c’est désigner Jésus comme la gloire de Dieu venue dans le désert, qu’il était chargé de préparer. Et affirmer que celui qui vient après lui était avant lui, c’est montrer en Jésus celui qui existait avant les temps, et qui est venu à la fin des temps, le Fils éternel de Dieu.
C’est par le témoignage du Père et par le témoignage de l’Esprit que Jean-Baptiste peut rendre témoignage au Fils. Jean-Baptiste est en mission pour Dieu, son rôle est clair il est là pour attester que l’homme Jésus qui se tient au milieu de la foule, cet homme est « le fils de Dieu », celui qui est de toute éternité. « Car avant moi il était. » nous dit Jean-Baptiste, comme l’évangéliste au premier mot de son prologue nous disait « Au commencement était le verbe et le verbe était auprès de Dieu et le verbe était Dieu. » Comme Jésus dira lui-même « En vérité, en vérité, je vous le dis avant qu’Abraham fut, Je suis », se donnant à lui-même le nom divin révélé à Moïse. Le témoignage de Jean-Baptiste ne fait pas que donner deux titres à Jésus, il le révèle comme vrai homme et vrai Dieu. En ce sen, Jean nous introduit aujourd’hui dans le mystère de foi et de praxis.

Le témoignage de Jean-Baptiste n’a pas une tonalité doucereuse et consensuelle. Malgré son immense popularité, il ne fait aucun compromis. Aux Pharisiens et aux Sadducéens venus l’écouter, il clame : « races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? » (Mt 3, 7). Aux Publicains venus pour être baptisés et questionner Jean-Baptiste, il répond : « N’exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit » (Lc 3, 13). De même aux soldats romains venus le questionner, il répond : « ne molestez personne, n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde. » (Luc 3,14). La popularité de Jean-Baptiste était si grande que le peuple se demandait s’il n’était pas le Christ attendu (Lc 3,15), mais humblement, il clarifia constamment.

         Tout ceci montre combien Jean a été fin et risquant dans son témoignage pour le Christ. Et nous aujourd’hui, comment rendons-nous témoignage au Christ et à son évangile ? Prenons-nous le risque du témoignage?

Père OUSSOU Dansou Célestin
Père OUSSOU Dansou Célestin

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