Pâques

Resurrection de Jésus 2

« Du tombeau vide, naît notre foi »

 

Chers Sœurs et Frères, nous voici au Jour des jours, au “premier Jour”, Jour ultime, Jour de la recréation ! Jour où Jésus-Christ, révélation de la face divine de l´homme et de la face humaine de Dieu, introduit d’une harmonie sans égale la réalité humaine au cœur de celle divine : ce Jour est le jour de l’achèvement pascal, jour du véritable Exode, du véritable passage ! Oui, chers Sœurs et Frères, nous avons raison d’exulter de joie, car notre Sauveur est ressuscité et désormais, la vie pour nous est pleine de Vie et de signification.

En ce jour si solennel, je vous propose de méditer, au moyen de la Parole de Dieu, un aspect propre à l’évènement que nous célébrons : le Tombeau vide. En effet, le mot « tombeau » est le mot le plus cité dans le texte de l’ Évangile de ce jour, six fois, d’où son importance.

Le tombeau vide est le seul témoin matériel de la résurrection. Il est le signe objectif qui nous indique que le Christ siège désormais á la droite du Père. Il est le lieu de l’Absence-Présence du Seigneur, lieu du voilement-dévoilent du Christ, lieu de Foi.

En effet, lisons-nous au début de l’ Évangile : « Marie de Magdala vient de bonne heure au Tombeau », et le verset conclusif de la péricope nous indique que « les disciples s’en retournèrent chez eux ». Ceci nous indique les mouvements d’aller et de retour du tombeau, vers le tombeau et dans le tombeau, qui, dans le texte, seront encore précisés par le verbe « courir ». Marie de Magdala court pour exprimer sa crainte du corps peut-être volé ;  Pierre et Jean courent pour vérifier les faits. Des courses motivées par la crainte, le doute, l’inquiétude et le désespoir. Les trois « apôtres » du texte sont affolés. Le vide du tombeau bouscule et met en crise. Le Seigneur n’y est plus, il est absent, l’échec et l’humiliation de la croix étendent leurs racines jusque dans la tombe. Quelle tragédie !

C’est pourtant en ce moment précis face á l’absence et au voilement que le disciple aimé vit et cru. Le mouvement du tombeau vers le tombeau s’achève dans le tombeau avec une profession de foi. La foi naît donc non hors du tombeau vide, mais dans le tombeau vide.

Resurrection de Jésus 1 copie

Oui, bien-aimés du Seigneur, du tombeau vide devrait naître notre foi. Nous avons raison de courir, de nous inquiéter, de nous interroger sur la présence du Christ lorsque nous traversons les tragédies les plus graves qu’elles soient. Il est légitime de nous demander si le Christ s’est fait absent de notre vie, si son corps nous a-t-il été volé par nos passions, nos légèretés et les épreuves si difficiles que nous traversons : perte d’être cher, perte d’emploi, sécheresse spirituelle et que sais-je ? Cependant, rendons-nous compte, grâce à la Parole de Dieu de ce jour, que ces questions et interrogations sont légitimes seulement dans le champ extérieur au tombeau. Autrement dit, nos crises peuvent avoir raison de nous quand nous ne les affrontons pas avec audace, détermination et foi. Quand nous n’entrons pas dans le tombeau pour constater non plus le vide, mais la présence du Seigneur qui transcende désormais l’espace. C’est quand tout semble ne plus avoir de sens et de signification que le Seigneur, Lui, en donne. C’est quand nous le sentons très loin de nous qu’Il est plus proche de nous, plus présent en nous, murmurant à nos oreilles : je suis vivant, je t’aime. Ainsi, sortie d’une expérience pareille, nous devenons capables comme Pierre d’annoncer au monde entier « Jésus de Nazareth (…) Dieu l’a ressuscité… ». Témoins d’une expérience qui nous renouvelle, nous devenons donc des êtres ne désirant que des réalités d’en haut, des êtres ne désirant que Dieu seul, des êtres capables d’assouvir notre soif d’humanité réalisée.

Oui,  bien-aimés du Seigneur, notre Seigneur est ressuscité et ce n’est point un mythe, ni une légende. C’est notre foi. Les linges et le suaire ont été un élément qui ont conduit le Disciple bien-aimé à croire. Aujourd’hui, nous professons notre foi quant au quotidien, nous  reconnaissons les linges et le suaire dans les sales vêtements des sans-abris, des prisonniers, des enfants et jeunes errants. Courir et annoncer la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité, c’est nous engager auprès des nécessiteux, c’est sortir vers la périphérie, c’est vivre la charité qui nous révèle le visage resplendissant du Ressuscité puisqu’il est charité.

Puisse le témoignage de notre vie, alimenté par l’Eucharistie,  être une manifestation véritable de la résurrection.  Amen

fide

P. Fidélius-Marie ADJANOHOUN, sdb.

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One thought on “

  1. Bingo

    Belle analyse. Que la résurrection du christ nous rassemble

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