Matthieu 11, 1-6

(1) Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. (2) Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: (3) “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?” (4) Jésus leur répondit: “Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez: (5) les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; (6) et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi!”

1. Des signes qui parlent

Un véritable prophète prépare le chemin, prépare un rendez-vous : d’une part, le chemin du Libérateur, d’autre part, le chemin de retour des exilés (Mt 3,3 : C’est bien lui dont a parlé Isaïe le prophète: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers). Chez Matthieu, la prédication de Jean Baptiste est identique à celle de Jésus : Ils annoncent tous deux la venue du Règne (Mt 3,2 ; 4,17). Pour l’instant, Jean Baptiste est en prison. Avec lui, dernier annonciateur du Venant, se termine l’attente : le Seigneur est là.

Jean entend les œuvres accomplies par Jésus, et non pas ses paroles. Le texte grec dit justement : Ὁ δὲ Ἰωάννης ἀκούσας (ἐν τῷ δεσµωτηρίῳ) τὰ ἔργα τοῦ Χριστοῦ… Belle expression, écouter ou entendre les œuvres sou les actes. On dirait que « Celui-qui-vient » parle à travers ce qu’il accomplit, qui devient ainsi parole agissante, puissance – au sens euristique -, « signe », selon le 4è évangile, puisque cela dé-signe le doigt de Dieu. Les actes de Jésus deviennent l’éloquence même de Dieu, d’un Dieu qui « envoie sa parole » trinitaire, c’est-à-dire créatrice, rédemptrice et sanctificatrice. Ces actes et ces paroles, qui parviennent à Jean Baptiste, évoquent en lui la révélation qu’il a lui-même reçue (Mt 3,13-17). Dès lors, tandis que Jésus envoie ses disciples à Israël pour parler et annoncer, Jean envoie les siens à Jésus pour interroger et recevoir une confirmation, un démenti, de toute façon une réponse. La question est décisive : es-tu Celui qui doit venir ? Jean Baptiste avait annoncé Celui-qui- vient, le plus fort que lui, qui accomplirait le jugement de Dieu : Celui qui abattrait l’arbre infidèle et brûlerait dans un feu le mal et l’ivraie qui dénaturent et singent la filiation et la fécondité véritables (Mt 3,10s). Et voici que Jean Baptiste entend que Jésus agit différemment, et se soustrait au profil préannoncé. Celui qui était attendu ne correspondAvent - JB Web

Pas aux attentes. L’attente aurait-elle donc péché ou failli, quelque part ? Ou alors, si l’attente est justifiée, Celui qui est venu, Jésus, ne serait-il pas le bon ? « Devons-nous en attendre un autre ? »

Dans sa prison, Jean Baptiste pouvait tenter de mettre en crise d’identité Celui qui est venu. Mais il préfère questionner ses propres attentes « Devons-nous… » au lieu de « Tu devrais… ». Il est disposé à se remettre en cause au lieu de manipuler le Projet et la manière de Dieu. Face à la réalisation de la promesse qu’il a transmise, le prophète ne comprend plus, il s’émerveille, il se trouve déboussolé. Dieu est saint, et toujours autre par rapport à notre imagination et à nos projections. Comme le dit le psaume 138, verset 2, sa promesse est au- delà de toute grandeur. Avec Jean Baptiste, nous sommes invités à reconnaitre que nous avons de Dieu une image nécessairement humaine, pour ne pas dire anthropomorphique. Mais c’est quand nous croyons connaitre et maitriser Dieu, que nous sommes mieux placés pour formuler une interrogation qui remet en question nos sécurités théologiques : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. Mes chemins ne sont pas les vôtres » (Is 55,8).

2. « Es-tu Celui qui doit venir ? »

Cette question n’exprime pas simplement une vérification identitaire. Elle devient la racine même de la foi, car elle se fie à la réponse de l’interlocuteur divin. Comme l’affirme l’abbé Vergote, théologien et psychanalyste belge, ce genre d’ouverture au sens et à l’autorévélation de Dieu est probablement l’acte le plus éminent de la raison. Nos ancêtres dans la foi, au lieu de s’adresser à Lui, se sont plutôt fiés à leurs propres fantaisies et à des suggestions anthropomorphiques et anthropocentriques (Gn 3). Jean Baptiste se trouve donc au seuil d’une tentation radicale : se fier à ses propres certitudes, ou demander à l’Autre de se dire, de se raconter, de lui dévoiler Sa vérité ?

L’être humain, croyant ou non, engagé ou non dans une mission vocationnelle, est par instinct fermement attaché à ses convictions sur Dieu. Le livre de Job nous apprend pourtant que connaitre Dieu par ouï-dire ne suffira jamais : « Je t’interrogerai et tu m’instruiras » (Jb 42,4-5). L’attente, le doute et le questionnement de Jean Baptiste sont paradigmatiques pour ceux qui veulent réduire Dieu aux idées qu’ils se font de Lui. Et, en fonction de ces idées, ils l’accueillent naïvement ou adoptent une attitude de rejet, sinon d’hostilité. Jean est le prophète de la vérité : vérité du Dieu qui se dit à l’homme, et vérité de l’homme qui, en interrogeant Dieu, s’ouvre dans le même temps à son propre mystère. Sa prophétie, plutôt que d’affirmer, devient une interrogation qui se dispose à accueillir la réponse. Jésus dit de lui, quelques versets plus loin, qu’il est le plus grand parmi ceux qui sont nés d’une femme (v. 11), précisément parce qu’il parvient à taire ses paroles et ses mots et demande : « Es-ce toi ? », devenant ainsi écoute de la Parole que l’Autre, seul, peut dire. Devant son mystère, toutes nos images et toutes nos idoles viennent se heurter ; il ne nous reste que la question juste : « Est-ce toi ? », à laquelle il n’a généralement qu’une réponse :
« C’est moi ! » ou encore « Je suis » (synonyme de son nom YHWH). Toute autre réponse que
formule le croyant ou l’athée, n’est alors qu’une idole morte, qui ne peut semer que la
désillusion, l’idolâtrie ou la mort.

3. Jean, modèle de prophète

Jean Baptiste pousse la prophétie jusqu’à l’extrême : maitre de la suspicion globale, il s’interroge sur tout, refuse de devenir une formule, ni de contenter des systèmes en vigueur ou embrasser les sentiers battus, qu’ils soient théologiques ou politiques. Le prophète devient lui-même une question. Il ne fournit pas de réponses, il n’a aucune baguette magique, aucune formule pour déchiffrer l’avenir. Il exprime le questionnement d’un envoyé de Dieu qui ouvre le présent à la nouveauté de Dieu.

Mais, comme chercheur de Dieu, Jean connait un moment de doute, et commence à se demander s’il faut attendre un autre Messie, voire un autre Dieu. Non, car Dieu est déjà suffisamment et infiniment « autre ». Inutile d’en attendre un autre, car il est à la fois Autre et Unique. Il n’y a plus personne d’autre à attendre : c’est l’attente elle-même qui doit devenir autre ; attente de l’Autre, attente autrement, comme nous l’ont dit les textes évangéliques depuis 4 dimanches.

4. Des œuvres qui parlent

Avec l’évangéliste, nous retournons ainsi à ces actes qui parlent si fort et si clairement que Jean finit par les entendre du fond de sa prison, de sa recherche, de son écoute. Jésus répond, comme Yahvé à la question analogue posée par Job, en faisant parler ses actes. Ce que l’on voit, ce que l’on entend, ce que l’on touche, répond à la question sur l’identité de son Auteur. Jésus l’avait annoncé à Capharnaüm (Lc 4,17-21), et il le recommande à tous ceux qui veulent être porteurs de ses signes et de leur éloquence par le monde (Mt 10,7s).

Les aveugles voient, car venir à la lumière est pour tout homme le premier des signes (Mt
9,27-31 ; Is 29,18 ; 35,5). Avec Jean Baptiste nous reconnaissons que du fond de nos caves et de nos prisons, nous sommes aveugles ou plutôt, nous ne voyons que nos illusions et nos attentes maladroites et nos projections sur Celui qui vient : qui vient ouvrir les yeux de Jean Baptiste, qui vient ouvrir les yeux des prophètes, des apôtres, et des pasteurs d’aujourd’hui. Un pasteur aveugle ne saurait guider ses brebis à travers les bifurcations et les méandres d’un chemin aussi abrupt et accidenté que celui qui mène au Royaume (écouter Mt 15,14 !).

Les boiteux marchent (Mt 9, 1-7). C’est tout être humain, en attente et en quête de Dieu, que l’anthropologie chrétienne définit comme homo viator, en chemin vers chez lui ou plutôt vers Celui qui, depuis toujours, vient à sa rencontre. Et sur ce chemin, nous trébuchons, nous sommes distraits ou même paralysés par la complexité du chemin – ou plutôt du cheminement -, sclérosés par des mirages et par les options à chaque carrefour, à chaque retour de l’enfant prodigue que nous avons ou que nous sommes, ou à chaque tentative de remonter vers nos Emmaüs, avec Lui. Celui-qui-vient veut nous rejoindre, nous remettre debout et en marche. Jean Baptiste enchainé, saint Paul et tous les apôtres aussi, peuvent ainsi s’envoler libres, pour que tous les prisonniers se lèvent, laissent Dieu briser leurs chaines et deviennent, à leur tour, des libérateurs. « Allez par le monde… » (Mt 28:16-20).

Les lépreux sont purifiés (Mt 8,1-14). La lèpre, dans la Bible est l’expression d’un échec, elle illustre la défiguration de notre filiation, de notre id-entité, de notre ressemblance à Dieu. Malgré les apparences d’échec et de réification de notre destin par les puissances du mal, Jésus vient nous confirmer ou nous rétablir, Jean Baptiste et nous, dans notre triple dignité qui est la sienne, selon le psaume 109 : dans notre vocation (1) de prêtres à la suite du Messie, (2) de prophètes à la suite du Verbe fait chair, et (3) de princes ou de peuple royal à la suite du Roi de l’univers. Et le psalmiste le redit si bien : « Siège à ma droite…, prince éblouissant de sainteté…, prêtre selon l’ordre du roi Melchisédech… c’est pourquoi tu relèves la tête ».

Les sourds entendent (Mt 9,32-34). Même si, depuis Adam, l’homme est devenu sourd à la Parole et plutôt habité par le mensonge et les mirages de chaque époque, Jésus nous rend capables d’écouter (obéir, lat. ob-audire) et d’entendre Dieu ; il se fait « signe » et sacrement de ce qui, autrement, risque d’échapper aux sens même du plus grand des prophètes. Jean Baptiste est appelé à écouter les œuvres, afin de – ou avant de – devenir témoin véritable, et nous à sa suite, de ce que nous avons « vu et entendu ».

Les morts ressuscitent (Mt 9,18-26). Jean Baptiste connait le sort réservé aux prophètes, il est fils de prêtre, lui-même initialement destiné aux sacrifices. Il connait les caprices d’Hérode, et la rancœur d’Hérodiade. Jésus comprend cela, et lui envoie un message clair que nous entendons bien entre les lignes d’un autre évangile : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). On dirait d’ailleurs que le questionnement du prophète constitue une préparation au dénouement de son parcours, comme s’il pressentait qu’il allait enfin signer, par son sang, le message dont il était porteur depuis sa naissance.

Les pauvres sont évangélisés (Mt 5,3). L’évangile décrit l’habitation ou plutôt l’errance de Jean Baptiste, son habillement, son régime alimentaire, pour nous faire comprendre comment, avant Celui-qui-vient, Jean Baptiste avait incarné l’attente, le dépouillement, la kénose, le désencombrement pour accueillir le Don, pour être comblé par l’Epoux. Pauvre et nu dans sa prison, Jean Baptiste ne demande plus aucune consolation de ce monde. Une bonne nouvelle, ou plutôt « LA » Bonne Nouvelle, lui suffit, la confirmation de son espérance. Il nous avait dit qu’il n’était ni le Messie, ni l’Epoux, mais l’ami de l’Epoux, celui qui trouve sa joie dans le bonheur de l’autre, celui qui renonce à être au centre de l’attention (Jn 3,29). Il est celui qui a su diminuer et reculer, pour que le jeune rabbi nazaréen grandisse (Jn 1,30). Désormais, chacune de nos humilités peut être comblée par Celui-qui-vient.

Et Jésus conclut par une dixième béatitude adressée à tous ceux qui l’attendent et l’accueillent. Et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi! Synthèse des autres béatitudes, celle-ci consiste à l’accueillir, Lui le pauvre, l’affligé, le doux, l’homme au cœur pur, le miséricordieux, l’artisan de paix, le Fils de Dieu. Béatitude qui interpelle Jean Baptiste et chacun de nous, non seulement à reconnaitre en Celui qui vient la pleine réalisation du règne annoncé, mais d’en devenir à notre tour des traducteurs éloquents, des témoins crédibles et des « sacrements » dans un monde pris dans un tourbillon de « signes » qui ne parviennent plus à rien dé-signer de solide, d’humanisant, d’évangélique.

5. Quelques implications

5.1. Du point de vue théologique

Le temps de l’Avent nous resitue aussi bien dans l’attente du salut par le peuple de Dieu que dans cet Avent, cette marche existentielle vers un rendez-vous, vers un kairos, vers un télos qui justifie et nourrit notre espérance, comme nous proclamons dans l’anamnèse, au coeur de l’Eucharistie. Cette dimension téléologique de la vie chrétienne et de notre vocation pastorale et pédagogique a pour corollaire de nous désinstaller, de nous décentrer dans nos attentes et dans nos discours sur Dieu, pour nous enseigner l’humilité, le courage et l’esprit de discernement – et même d’autocritique – du Baptiste. Il s’agit alors pour nous de redécouvrir le Dieu de notre foi chrétienne, d’attendre et recevoir/accueillir de Lui son incessante autorévélation, le réajustement de nos motivations religieuses et vocationnelles et le sens d’un meilleur apostolat-témoignage. Nous devenons ainsi, non pas des spécialistes de Dieu, mais des facilitateurs d’un rendez-vous de chaque être humain avec Celui qui vient, avec un Dieu dont chaque homme est « capable », selon la belle expression à la fois anthropologique et théologique de Dei Verbum : Homo capax Dei.

5.2. Du point de vue pastoral

Celui qui vient se cache et se révèle à travers l’éloquence des « signes », des œuvres qui nous parlent de lui. Comme nous l’avons médité dans les évangiles de ces derniers dimanches, ces signes « audibles » naissent d’une attitude de vigilance, comme celle des vierges sages, qui gardent leurs lampes allumées (Mt 25, 1-13) et deviennent ainsi lumière pour un monde relativement obscur (Mt 5,13-14); comme des ouvriers qui attendent activement Celui qui (re)vient, en travaillant à faire fructifier leurs talents, chacun selon ses capacités et sa créativité dans la Caritas, qui nous semble l’un des contraires de la peur paralysante (Mt 25,
14-30), et que nous avons vu consacrer au jugement dernier, en Matthieu 25, 31ss : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais nu, j’étais en prison, j’étais un étranger, j’étais orphelin… » Autant de lieux où, à la suite du Christ, nous pouvons, chaque jour, comme dirait le pape émérite Benoit XVI, rendre le Dieu de Jésus-Christ croyable, et pas seulement crédible. La charité et ses miracles peuvent et doivent ainsi devenir cette Bonne Nouvelle qui pourrait confirmer chaque prophète, comme l’apôtre le fait pour Timothée, d’avoir mené le bon combat (1Tim 1,18).

5.3. Du point de vue psychopédagogique

Nous devenons, nous, pasteurs, prophètes et apôtres, solidaires des questionnements et même des doutes de nos fidèles, des hérésies et des remises en question de nos jeunes frères et sœurs, parfois insuffisamment outillés pendant le parcours catéchétique, et confrontés aux méandres de leur propre recherche, et aux provocations de leur entourage parfois hostile, ou simplement ignorant Modifier Modifier la date et l’heurede la foi chrétienne et de l’enseignement catholique. Avec Jean Baptiste, nous redécouvrons cette phénoménologie centrée bien plus sur la rencontre et l’autorévélation que sur des formules définitives et des sécurités de nature dogmatique ou kérygmatique. Il reste vrai, toutefois, que ce socle et ses élaborations
doctrinales servent à instruire notre recherche de Dieu et donc à nous prédisposer, à nous pré-parer, à la rencontre de Celui qui vient. Voici quelques implications de cette pédagogie de la médiation, au-delà de notre capacité de remise en question : (1) l’accueil inconditionnel des chercheurs de « signes » au point où ils en sont, (2) le respect de leur rythme dans cette recherche, (3) le droit à l’erreur, au doute et même au rejet, et surtout (4) l’heureuse déception du précurseur qui découvre que son catéchumène, son élève ou son disciple, bien qu’initié dans une certaine direction, trouve son propre chemin et répond à sa propre vocation. C’est alors la phase d’un accouchement douloureux mais incontournable si, comme Jean Baptiste, nous acceptons de « mettre au monde », de libérer l’autre, de redéfinir notre identité et notre rôle, et de couper résolument le cordon ombilical qui met ainsi fin à une relation pastorale ou éducative potentiellement symbiotique, sinon hyper protectrice et donc, paradoxalement, destructrice. Par contre, comme nous l’avons appris dans ces 6 premiers versets de Matthieu 11, autoriser nos destinataires à devenir ce que Dieu attend d’eux, malgré nos anticipations prophétiques, nos aspirations et nos souhaits les plus légitimes, nous consacre comme de vrais é-ducateurs, dans le sens étymologique où nous allons parier pour l’invisible que Dieu a semé en eux, et mettre à l’œuvre les moyens et l’environnement pour le « faire venir au-dehors ». La question « Que sera donc cet enfant ?» (Lc 1,66) annonce ainsi le mystère de toute attente, et de toute rencontre entre le prophète-éducateur et son disciple qui devient un jour son interlocuteur, autrement dit, un sujet capable de se révéler dans le « Je-tu » de la rencontre fraternelle « Es- tu… ? ».

Conclusion

Puissent nos attentes devenir le lieu même de notre (re) naissance et de notre consolation, puisque Celui-qui-doit-venir est tellement « autre » qu’il prend le prénom de chacun de ceux que nous accueillons dans notre mission éducative et pastorale, que nous accompagnons dans leur croissance, et que nous libérons en vue de leur propre vocation, pour être, eux aussi et chacun selon son « talent », celui qui doit venir. Face à tout fils de Dieu qui vient vers nous, puissions-nous résister à la tentation d’en attendre un autre, ou de rêver d’un ailleurs; mais attendons-le plutôt autrement et accueillons-le avec gratitude, avec le « Fiat » de Marie, qui est peut-être le secret de son « Magnificat ».

Pour approfondir

1. Quand Dieu me surprend, me révolte ou s’écarte de mes attentes, quels sont mes
sentiments et mes réactions ?
2. Ma vie, ma vocation et mon ministère sont-ils réellement une attente quotidienne
d’un ad-ventus, d’un événement, d’un rendez-vous décisif, de Quelqu’un ?
3. S’il m’arrive de douter, ou d’interroger Dieu, par quels « œuvres », dans mon/son
ministère, me fait-il entendre qu’il est Celui que j’ai annoncé ?
4. Dans la direction spirituelle et les sacrements, dans la prédication et l’accompagnement des groupes, dans le suivi catéchétique, comment sont gérés ces moments douloureux et parfois révoltants où nos destinataires ne correspondent pas à nos attentes ?

P. Alphonse Owoudou, SDB

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