LA PRESENCE DE OUAGADOUGOU

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LA PRÉHISTOIRE DE L’OEUVRE DE OUAGA…

L´histoire de la présence de la Famille Salésienne à Ouaga remonte aux années 80. En effet, le 18 juin 1984, alors que le « Projet Afrique » prenait corps dans toute l´Afrique de l´Ouest, le Cardinal Paul ZOUNGRANA, Archevêque de Ouagadougou, s´adressait aux responsables de la Congrégation salésienne pour demander une fondation dans son diocèse. Demande sans suite.

 

Il fallait attendre la fondation de Bobo-Dioulasso en 1994 pour des contacts plus directs. Les confrères de Bobo sont reçus par Monseigneur Jean-Marie COMPAORÉ, l´Archevêque de Ouaga à l´époque. Mais là encore, rien n´est décidé par la nouvelle délégation salésienne AFO, qui cherchait plutôt à organiser et consolider les œuvres déjà entreprises. Le 2 mai 1999 Mgr. COMPAORÉ adresse une demande de fondation au premier provincial de la toute nouvelle Province « Notre Dame de la Paix » de l´Afrique Francophone Occidentale (AFO), le Père Lluis Maria OLIVERAS. Dans sa correspondance il déclare son souhait d´avoir les salésiens dans son diocèse pour s´occuper de l´apostolat des jeunes. Suite à cette demande, le Père Vicente GRUPELI, alors directeur de la communauté salésienne de Bobo, rencontre l´Evêque de Ouaga le 17 mai 1999. Il produit un rapport du contenu de cette rencontre,  et il l´envoie au Provincial. Mais pas de suite concrète sur une quelconque fondation.

 

LES PREMIERS PAS DE LA FONDATION

 

Le temps passe. Le Père Manolo JIMENEZ, alors 2ème provincial de l´AFO, reprend les contacts avec Monseigneur COMPAORE. En effet, le 3ème Chapitre Provincial de 2007, dans son document sur le « Réajustement provincial » stipulait que « pour les éventuelles nouvelles fondations, la Vice-province veillera à assurer au moins deux communautés salésiennes dans chaque pays » (RP 2.8.c.1)

 

Courant les années 2007-2010, plusieurs entretiens ont eu lieu entre l´Archevêque et le Provincial. Le fruit de ces entretiens a été le projet de Convention entre la Province et l´Archidiocèse. Le Provincial et son conseil avaient alors proposé une « feuille de route » pour la fondation :

 

  • Une communauté salésienne avec 2 confrères sera installée en septembre 2009, ayant comme principal mission celle de l´insertion dans le milieu et de la prospection en vue de définir l type de service à rendre dans le futur ;
  • Signature de la Convention entre l´Archidiocèse et la Province salésienne AFO ;
  • Se donner 2 ans de prospection du milieu et d´insertion progressive de la communauté salésienne afin de définir le projet.
  1. Les œuvres dès le début

Deux confrères, Juan Carlos Valdiviezo et Jésus Benoit Badji, arrivent en 2009  pour prendre contact avec la réalité. Dans un premier moment, ils ont été logés au presbytère de la Paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte d’Oie, dont le territoire s’étend jusqu’à la zone que l’archevêque avait prévue pour la fondation.

Ils ont pris contact avec les ateliers de la ville, particulièrement de la zone où l’œuvre salésienne devait être implantée. Ils ont contacté les paroisses et les communautés religieuses, spécialement celles qui animaient des œuvres éducatives. . Quelques mois après, les Salésiens s’installent dans une maison de location  dans la cité SOCOGIB, la plus proche du terrain que l’archidiocèse avait proposé dans le quartier de Belleville. Le quartier de Belleville n’étant pas encore électrifié, la communauté se déplaçait pour les premiers contacts avec les habitants du quartier, notamment les enfants. La première « œuvre » organisée fut l’Oratorio dans la rue, vu l’état du terrain qui ressemblait à un énorme trou de plusieurs hectares, car les arrivants dans le quartier avaient extrait le sable pour fabriquer les briques et construire leurs maisons. Le terrain n’était pas du tout protégé.

Ce fut pendant leur séjour à la cité SOCOGIB que les fidèles ont demandé aux salésiens de pouvoir assister à leurs messes à la maison, 2 fois par jour. La cour de cette maison devint donc la première chapelle de la future CCB Saint Jean Bosco, avec l’accord des responsables de la paroisse.

En 2010, une nouvelle équipe arrive. Les  activités oratoriennes se développent. Avec la collaboration d’ADAFO, une étude sérieuse sur la situation de l’enfance et la jeunesse de la zone va servir de base pour présenter à Solidaridad Don Bosco de Séville un projet de service aux jeunes de la zone. L’offre d’apprentissage et de scolarisation des enfants se faisaient vraiment sentir. En avril 2011, le Conseil provincial fait le déplacement de Ouaga afin de prendre une décision finale sur le choix du quartier et l’acceptation du terrain offert par le diocèse. Il donna son feu vert.  .  Le terrain a une superficie de 5.7 Ha, propriété de l’archidiocèse, qui l’a cédé in perpetum à la Congrégation salésienne

Le projet présenté fut la construction, l’équipement et le fonctionnement pour 1 an d’un Centre Socioculturel sur le terrain cédé par l’archevêque.

Les deux confrères fondateurs quittent la communauté en 2010.

 

  1. L’évolution des œuvres
  • Année pastorale 2010-2011 : arrivée de la 2e équipe salésienne, P. Antonio Herrera, comme responsable de la communauté, et P. Albert Kabuge comme responsable de la Pastorale et de l’Animation Missionnaire.
  • Fin 2011 : Le projet du Centre Socioculturel Don Bosco est approuvé par la Junta de Andalucia.
  • 2012 : Une année d’exécution du projet du Centre Socioculturel. Il est inauguré le 3 février 2013 par le Conseiller des Missions le Père Klement VACLAV. Quelques mois après, grâce au village de Alcalà de Guadaira, se réalise une salle polyvalente ouverte.
  • La finalité de ce centre est d’offrir aux jeunes de ces quartiers, particulièrement des jeunes en chômage, non scolarisés ou en situation d’échec scolaire, des jeunes marginalisés ou à risque, en leur offrant une possibilité pour gagner leur vie par l’apprentissage d’un métier et par l’éducation et l’alphabétisation. Aussi, développer leurs talents par le développement des activités culturelles, sportives et de formation. C’est ce que l’on appelle un centre socioculturel.
  • Dans ce centre on prétend dispenser des cours d’alphabétisation et de faire l’école informelle et l’apprentissage d’un métier de façon modulaire par des cours de trois mois, de six mois ou d’un an, ce qui permettra aux jeunes de posséder une qualification leur permettant de travailler. Le Centre ne délivre qu’une attestation, mais elle n’a pas la valeur d’un diplôme.
  • Pendant la matinée on réalise des activités de type d’apprentissage, dans l’après-midi, ce sont plutôt les activités culturelles comme la musique, le sport et les différents groupes selon les préférences des jeunes, dans un climat de famille leur permettant d’évoluer dans tous les aspects de leur personnalité et de développer aussi la dimension associative par la création de groupes. Tout cela avec l’aide d’un groupe de jeunes animateurs. Particulièrement les samedis et dimanches ce sont les activités avec les enfants et les jeunes, dans lesquelles on prétend donner une formation culturelle, religieuse, sportive et artistique.
  • Quant aux métiers choisis, après une étude des besoins sur le quartier, on vise la spécialité de mécanique de deux roues et un atelier de cuisine et des arts ménagers.
  • Dans l’évolution de ces ateliers on remarque que certaines spécialités ne sont pas tellement fréquentées par les jeunes et après cette première expérience on voit le besoin d’arrêter cette expérience de l’atelier de mécanique et de cuisine.
  • Avec le temps, on voit que la formation modulaire du début tend à se prolonger par des périodes plus longs, d’au moins un an. De même on choisit d’autres filières, à savoir, la couture et la coiffure.
  • La formation tend à se prolonger même pour deux ans, avec la possibilité de présenter les apprenantes à l’examen de CQP (certificat de qualification professionnelle), cela demande d’élever le niveau des apprenantes qui, en général est assez bas.
  • Depuis deux ans, on ouvre aussi une salle pour l’informatique qui dispense une formation modulaire d’un mois.

 

  1. Les œuvres actuelles
  • Actuellement le Centre tend vers un centre de formation professionnelle avec la possibilité de présenter les élèves à un examen, ne serait-ce que le CQP. Cela demande de faire un effort pour élever le niveau culturel des apprenants, qui sont des filles presque en totalité.
  • Les spécialités dans cette année 2016-2017 sont la coiffure, qui s’étale en un ou deux ans selon la préparation des apprenants, et l’atelier de coupe-couture, avec tissage traditionnel, teinture et broderie, associés à la couture (les apprenants doivent passer par l’atelier de tissage, qui constitue un complément de la couture) ; on fait une formation de deux ans.
  • Le niveau de départ est assez bas, il y en a qui sont analphabètes, d’autres ont fréquenté quelques année d’école primaire il y a longtemps. Il y en a d’autres qui ont un niveau de 6e ou de 3e. Actuellement le centre compte avec 80 apprenants, toutes filles excepté un garçon.
  • L’âge s’étale de 14 jusqu’à 34 ans. Il y a un bon pourcentage de musulmanes.
  • Les cours d’informatique durent un mois, et on donne une attestation.
  • Pour ce qui concerne les activités pastorales et culturelles, pendant les grandes vacances on a organisé des cours de vacances et dans les après-midi, des activités sportives, de musique, de théâtre et de danse. Le tout avec une équipe d’animateurs qui a programmé l’année pastorale 2016-2017. Les cours d’informatique se poursuivent toujours.

 

  1. La situation vocationnelle:

La perspective vocationnelle a été toujours présente dans l’œuvre de Ouaga. Mais étant donné que le type de destinataires du centre ne permet pas un travail vocationnel spécifique, les vocations tardent à venir. Cependant nous gérons depuis le début plusieurs CCB, en elle on vise surtout le travail pastoral avec les jeunes. Cela a porté quelques fruits sur le plan vocationnel, donnant origine à un groupe de jeunes en cherche de leur vocation. Il y a déjà eu des jeunes qui ont visé la vie salésienne et qui ont été envoyés au prénoviciat, même si, par la suite, cela n’a pas abouti. Le groupe vocationnel poursuit son cheminement aujourd’hui avec quelques jeunes universitaires et lycéens qui visent la vocation salésienne.

 

  1. La situation actuelle
  • Les secteurs d’activités sont les suivants :
    • Centre socioculturel avec :
      • Atelier de Coupe-couture-tissage
      • Atelier de coiffure
      • Informatique
      • Cours du soir : pour des jeunes collégiens
      • Formation d’animateurs
      • Activités d’Oratorio pendant les week-ends
    • Activités liturgiques dans les Communautés Chrétiennes de Base : Eucharistie, confessions, formation
    • Activités avec les jeunes dans les CCB

 

  • Perspectives à court et moyen terme :
    • Construction de la maison de la communauté (janvier-juin 2017)
    • Ouverture d’une troisième filière dans le Centre (janvier-juin 2017)
    • Construction de la clôture de l’enceinte de l’œuvre salésienne (décembre 2016-novembre 2017)
    • Construction d’un complexe scolaire (premières classes pour l’année 2017-2018)

 

  1. La communauté actuelle

Dans l’année pastorale 2016-2017, la communauté se compose de trois confrères dont un coadjuteur et deux prêtres :

  1. Bruno Gossa, Béninois, économe,
  2. César Fernández, Espagnol, responsable de la communauté et du Centre,

Fr. Justin Ajavon, Togolais, chargé de la pastorale.

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