Dialogue entre Pierre S et P. Franco…

PS Mon Père, je sens une difficulté dans mon âme, c’est la vie communautaire.

D’un côté cela me semble une chose très belle, partager la vie avec les autres.

enriqueMais en même temps je pense que travailler et partager les choses avec les autres en communauté peut être dur. Je ne sais pas si je suis préparé pour une vie communautaire et quelquefois je pense que je pourrai vivre plus libre et plus à l’aise dans le monde, sans dépendre des autres.

EF Cher Pierre, Tu n’es pas l’unique qui sent ce double penchant.

Mais il faut considérer les choses pas seulement du point de vue de la pensée, mais aussi

de la réalité. Je crois que personne ne peut vivre isolé. Tous nous dépendons les uns des autres, alors c’est mieux de vivre cette complémentarité dans l’affection et le dialogue, dans l’esprit de nous aider.

Dans la vie on est très dépendant des désirs, des ordres, des programmes, et quelquefois des caprices des autres. Toi-même, tu as expérimenté comment tu dépends des autres dans ta famille, même pour acquérir tes lunettes tu as transpiré, et tu ne sais pas encore

si tu pourras payer à la fin toute la scolarité.

Mais la même chose dans le travail, dans le commerce, dans l’université, dans l’armée. Et je t’assure que dans certaines structures on dépend du chef avec une telle force, que la Vie Religieuse semble une relation d’anges.

Cela c’est pour te dire, et tu le comprends, que le fait d’exclure cette voie ne va pas te libérer de dépendre des autres.

PS. Mais si je ne m’entends pas avec un patron je peux partir et le laisser, je ne suis pas obligé de continuer avec lui !

EF. Pour aller où ? Pour quoi faire ? Cette possibilité est d’un monde idéal, mais souvent

dans la réalité on ne peut le faire, parce que tu as besoin de l’autre, de son argent, de son influence, de sa protection, etc.

PS.. Est-ce que…comme vous…

EF Nous croyons que vouloir fuir cette dimension communautaire humaine est une fuite

de notre réalité.

C’est vrai que nous avons une vie communautaire forte, mais n’oublie pas que l’Église est

communauté, et que nous partageons la foi avec beaucoup d’autres. On apprend à vivre

en communauté depuis qu’on naît, la vie de famille est une vie communautaire avec toutes les tensions et avantages comme dans la vie

religieuse.

PS : Mais les confrères ne sont pas membres de ma famille, je suis plus penché à accepter et à pardonner mes parents et mes frères.

EF C’est pour cela qu’ici doit rentrer un facteur nouveau. C’est la foi.

La vie religieuse est un appel que nous fait Jésus, elle n’est pas une attraction humaine,

une sympathie pour quelques -uns ou pour un travail, un penchant vers une façon de vivre. Tout cela peut nous aider…, mais le fondamental est la foi en Jésus, qui nous dit Venez ! C’est lui qui nous rassemble comme il l’a fait un jour avec les douze. C’est lui qui nous donne la foi pour le suivre.

Si nous voulons vivre la vie de communauté seulement avec nos forces, comme une initiative personnelle on ne réussira pas. Si c’est au nom du Seigneur, alors peut-être elle se fera légère et douce, aimable et authentique, alors elle devient pour les jeunes signe d’entente, de paix, de fraternité, de dépassement de barrières.

Elle-même évangélise, parce que propose la foi qui nous unit.

P. Enrique Franco, sdb

1 COMMENTAIRE

  1. C’est vrai la vie communautaire est très difficile. Les hommes sont très compliqués et surtout les religieux qui ne vivent que des normes et de conspiration.

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