Mots de Jour - Juin Web
Pendant ce mois de Juin, nous allons récolter les fruits de nos efforts à travers les différents examens de fin d’année. Les fruits seront bons ou mauvais selon l’effort que chacun aurait fourni pendant l’année dans les différentes matières. Dans les mots su soir (ou du jour) de ce mois nous allons vous présenter quelques fruits de la pédagogie de Don Bosco. Certains fruits que Don Bosco a recueillis en son temps et d’autres que ses salésiens continuent de recueillir aujourd’hui pour l’Église.

Première semaine : Promenade avec les jeunes prisonniers en 1855
Objectif : présenter la confiance comme un élément caractéristique de la pédagogique salésienne
La pédagogie mis en place par Don Bosco, lui a permis de réaliser une expérience inouïe, inédite. Celle d’une promenade qu’il a réalisée seul et sans gardes pénitenciers avec les jeunes prisonniers

En voici le récit : « Les soins constants que réclamait l’Oratoire ne faisaient pas oublier à Don Bosco d’autres œuvres de charité, notamment la visite des prisons.
Il aimait s’occuper tout spécialement des malheureux jeunes gens et enfants qui y étaient détenus en grand nombre, et les résultats qu’il obtint devinrent, plus d’une fois, une grande consolation pour son cœur de prêtre.
Ainsi, après une certaine retraite qu’il prêcha, il y eut une communion presque générale.
Émerveillé des bons sentiments que lui manifestaient ces enfants, il résolut de leur procurer, comme gage de satisfaction, quelque importante douceur matérielle, et il pensa immédiatement à une promenade.
Quand on est jeune, la privation de la liberté et du mouvement n’est-elle pas la plus dure et la plus insupportable des punitions ! Une bonne course à travers les champs, une journée passée en plein air : voilà qui ne pouvait manquer d’être joyeusement accueilli.
Don Bosco va donc trouver le directeur de la prison, et il lui expose sa requête avec une grande simplicité, et comme la chose du monde la plus naturelle.
Il demandait la permission de conduire les enfants à la promenade. On partirait le matin et l’on rentrerait à la nuit : il aurait le plus grand soin d’eux tous.
À cette proposition hétéroclite, le directeur bondit de surprise :
— Mais, monsieur l’abbé, pensez-vous donc que les soldats du Roi n’aient pas d’autre besogne que celle d’aller promener de tels garnements, et ignorez-vous que je suis responsable de toute évasion ?
— Qui vous parle de soldats, monsieur le directeur ? Je me charge de tout. Il n’y aura aucune évasion, et je m’engage à vous ramener fidèlement les enfants que vous aurez bien voulu me confier.
Comment se décida-t-on à accorder cette étrange permission ? Elle dut être soumise au ministre Ratazzi, et il faut croire que Don Bosco avait des secrets pour lever certains obstacles.
Le jour indiqué, le départ eut lieu après la messe. Trois cent cinquante enfants et jeunes gens sortirent de prison, en bon ordre, guidés par Don Bosco, calme et souriant.
Décrire la joie qui épanouissait tous les visages est impossible. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’on ne put constater l’ombre d’un désordre ; pas un dégât ne fut commis, pas un fruit ne fut dérobé.
Leur grande préoccupation, à tous, c’était de regarder avec attendrissement leur Père, et comme ils le virent un peu fatigué de la marche, en un clin d’œil ils eurent chargé sur leurs épaules les provisions que portait un âne, attaché à la caravane par les soins de Don Bosco ; celui-ci dut monter sur l’animal, que deux enfants tinrent soigneusement par la bride.
Le soir, le directeur constata, en faisant l’appel, que tous les enfants étaient venus se faire réintégrer dans la prison, et qu’il n’en manquait pas un seul. »
Une telle promenade n’est possible que grâce à la confiance inébranlable que Don Bosco plaçait en ces jeunes et en retour grâce à l’amour que les jeunes avaient placé en lui. Il ne suffit pas d’aimer les jeunes mais qu’ils se sentent et se sachent aimer. Les salésiens, animateurs, éducateurs, de cette œuvre peuvent-ils compter sur vous aujourd’hui?

Deuxième semaine : La vie de Michel Magone
Objectif : présenter la vie de Michel Magone comme fruit de la pédagogie salésienne
Comme fruit de notre pédagogie, la famille salésienne a une multitude de saints. Aujourd’hui nous allons vous présenter la vie d’un garçon dénommé le « boxeur de Dieu. »

NB : Il est préférable que le confrère lise toute l’histoire afin d’en faire un résumé aux jeunes.
« De la conciergerie jaillit un jeune garçon, rapide comme une flèche. Avec la dextérité d’un pilote de formule un, il évite à cent à l’heure une vingtaine de garçons qui se trouvaient sur sa trajectoire, lance le cri de Tarzan, franchit dans un style impeccable une haie, glisse entre deux boxeurs imberbes qui s’arrêtent de cogner et le regardent stupéfaits, lance son sprint final et freine brusquement devant une soutane noire en esquissant un salut militaire. S’il avait jeté un regard en arrière, il aurait vu les quatre cents garçons de la cour ahuris, se demandant quelle était cette tornade. Entre la soutane et la jeune tornade, un bref dialogue s’établit :
– Je suis Michel Magon que vous avez rencontré à Carmagnola. Je viens d’arriver par le train.
Votre maison est très belle et je suis heureux d’y être.
– Quelqu’un t’a accompagné ?
– Non, personne. Maman travaille et monsieur le Curé n’avait pas le temps. Je suis bien content d’être arrivé. Je voudrais tout de suite …
– Nous serons amis, n’est-ce pas ?
– Oui, monsieur. Si vous le permettez je voudrais aller jouer. C’est une belle cour, mieux que la place de la gare.
– Après la récréation reviens. Je t’attends ici, d’accord ?
– Oui, monsieur, à tout à l’heure et merci !
Le « merci » fut crié pour que la soutane noire puisse l’entendre : la tornade était déjà vingt
mètres plus loin. Quand la cloche mit fin aux cris et au tapage de la récréation, Michel hors d’haleine et en sueur s’épongeait le front. Il cherchait des yeux la soutane et vit dans un coin une figure souriante qui l’attendait.
– Je dois m’en aller, les amis, à bientôt.
Il quitta le groupe des nombreux admirateurs qu’il s’était fait en moins de deux et partit d’un pas décidé.
– Si un vaurien…
– Alors Michel tu t’es bien amusé ?
– Pour ça, oui.
– Ca te plaît de rester avec moi ?
– Je ne retournerai pas chez moi même si on me paie. Aujourd’hui j’ai joué beaucoup. Vous avez vu ? Ce jeu de barre est formidable. Au début je me suis fait prendre deux fois parce que je n’avais pas encore compris la tactique, mais après… Quelle bêtise de la part de ces bleus qui voulaient me la faire… mais je… Tandis qu’ils montaient tous les deux les escaliers, Michel décrivait avec enthousiasme toutes les péripéties du jeu. Il se sentait vraiment un héros. Le directeur poussa la porte.
– Michel, voici mon bureau. Quand tu voudras me dire quelque chose, que ça n’ira pas, que tu auras un problème, viens ici et nous arrangerons tout en bons amis. D’accord ?
– Oui Père.
– Entre, assieds-toi. Comment va ta maman ?
– Bien merci. Elle travaille toujours comme servante et fait ce qu’elle peut pour me nourrir ainsi que mes frères. Nous lui avons fait beaucoup de peine.
– Mais aujourd’hui, tu veux devenir un brave garçon, non ?
– Je suis prêt à tout faire pour le devenir. J’ai déjà deux camarades en prison et je …
– Sois tranquille. Michel. Tu verras qu’il n’est pas difficile de devenir bon. Mais d’abord, que veux-tu faire ? Tu veux apprendre un métier ou étudier ? Michel baissa les yeux et pour la première fois rougit. Dans sa petite tête s’élevait un désir fou, né peu de minutes auparavant durant la partie de barre. Mais il lui paraissait ridicule : ce désir le bouleversait complètement. La seule pensée de l’avoir le troublait et pourtant ce désir était très puissant.
– Si un vaurien….
– Continue : si un vaurien…
– Si un vaurien peut devenir assez bon pour se faire prêtre, je me ferai prêtre comme vous. Il sentit le sang lui monter jusqu’à la pointe des cheveux. Il n’osait plus lever les yeux. Il avait l’impression qu’il venait de commettre une bêtise et que le prêtre devait le regarder sévèrement, très sévèrement. Et pourtant ce désir était plus fort que lui : il était né dans son cœur en regardant ce prêtre jouer au milieu des jeunes avec tant de joie et tant de bonté. Il sentait que vivre comme lui devait être formidable et que… ce serait possible.
Quand son cœur arrêta de sonner le tocsin, il leva les yeux et vit… un large et bienveillant sourire sur le visage du prêtre.
– Eh bien ! Je verrai ce que saura faire un vaurien. Je vais te mettre aux études.
Michel avait un certain respect pour les prêtres. Autrement il aurait sauté par-dessus la table et embrassé celui qui avait tant de confiance dans un vaurien. Ce garçon c’était Michel Magon, et le prêtre s’appelait Don Bosco, un ami des jeunes qui savait les comprendre.
Mais un jour, le général de la récréation commença à dépérir, un peu comme une fleur dans le brouillard automnal de Carmagnole. Retiré dans un coin, il regardait ses compagnons jouer allègrement, fuyait la compagnie des camarades tapageurs et pleurait parfois en secret. Son ”ange gardien” qui le tenait à l’œil pensa au début : ”Un peu de cafard, ça arrive à tout le monde : ça se passera.” Mais les jours s’écoulaient et Michel Magon, bien loin de réagir, se laissait aller. Un voile de mélancolie était tombé sur son visage, son caractère joyeux devenait grincheux. Un de ses amis répandit la nouvelle : Michel Magon est malade.
Son ”Ange gardien” crut bon d’intervenir. Un soir au crépuscule, tandis que les cloches de Turin se répondaient à la sonnerie de l’Angélus, derrière une colonne du portique il s’approcha :
– Michel, tu permets ?
– Que veux-tu ?
– Ces jours-ci tu ne vas pas bien, tu es malade ?
– Non, je vais bien.
– Pourtant avant tu étais joyeux, tu chantais, maintenant tu es toujours triste. Qu’est-ce que tu as ?
– Tu vois, je voudrais être joyeux comme avant, mais je n’y arrive plus.
– Et pourquoi ?
– Pourquoi ? Pourquoi ? C’est difficile à dire. Mes camarades prient, vont communier presque tous les jours, et moi je ne puis y aller… Alors à quoi ça sert de jouer, de courir… Eux, ils sont si heureux… moi je…
La voix se brouilla, des larmes retenues un long moment emplirent ses yeux.
– Mais voyons Michel, il n’y a personne qui t’interdit de devenir comme eux. Tu as quelque chose qui te tracasse ? Il suffit de le supprimer.
– Le supprimer ! Le supprimer ! Mets-toi à ma place.
Michel éclata en sanglots, des sanglots profonds et douloureux qui montaient de l’amertume du cœur. Il s’enfuit… Il se retrouva seul avec sa douleur et les pensées qui le poursuivaient depuis plusieurs jours. Il revoyait comme dans un cauchemar sa jeunesse gaspillée en vagabondages et en fautes. Tout dans son passé lui semblait confus, embrouillé, plein de désordre. Oh ! S’il pouvait ne plus y penser, ne plus y penser du tout, pour ne plus jamais le voir réapparaître; s’il pouvait renaître, revenir à la sérénité, retrouver la joie, non pas la joie de l’insouciance qui n’est que le tapage, mais cette joie vraie, profonde que l’on savoure vraiment.
S’il pouvait lui aussi s’agenouiller à l’autel de la Vierge, la regarder les yeux dans les yeux sans avoir à rougir, sans devoir fuir avec son cœur en tumulte. S’il pouvait, lui aussi, s’agenouiller à la table eucharistique, avec les autres.
Michel Magon aurait voulu réussir, tenter n’importe quoi pour y parvenir. Mais son passé était embrouillé comme un buisson dans la nuit, et devant ce fouillis il s’arrêtait apeuré et vaincu. Il pleurait et attendait une main secourable qui l’aiderait à s’en sortir. Et l’aide vint.
Don Bosco qui veillait sur ses enfants comme une mère sur ses fils, après avoir observé la crise de Magon, le fit venir près de lui. Un dialogue s’établit alors, dialogue que Don Bosco
rapporte lui-même dans la biographie qu’il a écrite de Michel Magon.
– Michel, je voudrais que tu me fasses un plaisir
– Je suis prêt à faire n’importe quoi si vous me le demandez.
– J’aurai besoin que tu me laisses un moment maître de ton cœur et que tu m’expliques pourquoi tu es triste depuis quelques jours.
– Oui je suis triste… je suis tourmenté et je ne sais pas comment m’en sortir.
Michel fondit alors en larmes. Je lui laissai un certain temps pour se soulager, puis sur un ton de plaisanterie, je lui dis :
– Comment ? toi le général Michel Magon, chef de bande à Carmagnole tu n’es pas capable d’exprimer ce qui te trouble ?
– Je voudrais le faire, mais je ne sais pas par où commencer. Je ne sais pas le dire.
– Dis-moi seulement un mot, je te dirai le reste.
– J’ai la conscience embrouillée
– Ca me suffit. J’ai compris. Tu peux tout arranger très facilement. Pense un peu à ta vie passée. Puis quand : tu seras décidé viens me trouver et dis-moi seulement : ”Don Bosco, aidez-moi à me confesser. Tu verras, nous arrangerons tout.
Une lueur de joie passa dans les yeux de Michel. Il avait trouvé un ami qui pouvait l’aider et même tout dire pour lui. C’était un soir tranquille. Le vent d’automne avait chassé les dernières traces de brume et dans le ciel scintillaient les étoiles les plus proches. Le silence était descendu sur le Valdocco. Seule une fenêtre était éclairée : celle de la chambre de Don Bosco, penché comme d’habitude sur son travail.
On frappe à la porte.
– Entrez !
– Entre, Michel entre je t’attendais.
– Don Bosco, peut-être que je vous dérange, mais le Seigneur Lui m’a attendu longtemps et je ne sais s’Il saurait attendre jusqu’à demain matin. Je ne veux plus le faire souffrir.
Avec l’aide paternelle de Don Bosco, Michel Magon dévoila au prêtre toute sa vie de souffrance. Il ne comprenait plus maintenant comment il avait été capable d’offenser celui qui par amour était mort pour lui. Quand la main du prêtre traça le signe de croix sur lui et lui donna le pardon du Seigneur, la joie la plus pure remplit tout son être. Don Bosco, unique témoin de cette résurrection écrivit : ”Tout ému, il ajouta : je n’ai jamais été aussi heureux” Puis fondant de nouveau en larmes, il partit se coucher.
Il ne réussit pas à dormir longtemps. Au milieu de la nuit, il sentit le besoin de se lever. Agenouillé auprès de son lit, il pria un long moment, l’âme inondée de paix. L’amitié de Michel et du Seigneur n’était pas faite seulement de paroles : ”Jésus, lui disait
Michel, tu as porté la croix pour moi, tu es mort pour moi, tu as mis le prix pour être mon ami. Moi aussi je veux faire quelque chose pour toi.” Il traça avec l’aide de Don Bosco un vrai plan de bataille qui prévoyait une offensive sur deux fronts : une attitude résolue pour conserver son amitié avec le Seigneur et un engagement pour diffuser la charité en la joie au milieu de ses camarades.
Pour remporter la victoire sur le premier front, il écrivit sur son carnet personnel sept brèves propositions :
1/ Rencontrer souvent le Seigneur dans l’eucharistie et le sacrement de réconciliation.
2/ Aimer la Vierge Marie
3/ Prier beaucoup
4/ Invoquer souvent Jésus et Marie
5/ Ne pas être délicat pour mon corps.
6/ Etre toujours occupé.
7/ Eviter les mauvais compagnons.
Sur le second front, Michel conduisit le combat dans son style impétueux et alerte. Dans un groupe isolé, sous un des portiques, un garçon racontait des histoires un peu osées. Autour de lui quelques-uns ricanaient, quelques autres auraient aimé s’en aller sans en avoir le courage. Michel les voit de loin, comprend au passage de quoi il s’agit, s’avance par derrière, met deux doigts dans sa bouche et lui envoie dans les oreilles un coup de sifflet strident. Le garçon bondit de surprise et se tourne furieux :
– Tu deviens fou ?
Magon lui répond calmement :
– Lequel est le plus fou des deux : moi qui siffle ou toi qui raconte de telles sornettes ?
Un autre jour, Don Bosco fait un sermon sur le péché et sur la mort ; un de ces sermons qui secouaient les consciences et mettait chacun devant ses responsabilités. A peine sorti de l’église voici que le petit groupe habituel de râleurs se rassemble un peu à l’écart :
– Les sermons, quelle barbe ! dit l’un.
– Mais l’enfer existe-t-il vraiment ? Continue un second.
– S’il existe et si nous finissons dedans, dit un troisième, ce ne sera pas la fin du monde… Je veux dire que nous serons un peu au chaud !
Michel tournait alors aux environs. Il a entendu la conversation et sans se faire remarquer, il sort de sa poche une boite d’allumettes, s’approche derrière l’un des garçons, en allume une et la lui met entre les doigts.
Un hurlement ! Quelques insultes.
– Quelle mouche t’a piqué ?
– Moi, aucune. J’ai cru comprendre que tu étais prêt à aller en enfer et j’ai voulu tester ta résistance au feu.
Un jour, qu’il passait avec Don Bosco sur la place Castello, en compagnie de camarades, une paire de jeunes jouaient aux soldats. L’un d’entre eux laisse soudain échapper un blasphème retentissant. Michel sentit la colère lui monter à la tête. Il courut vers les deux voyous et flanqua une paire de baffes au blasphémateur. Ce dernier surpris répliqua et les deux antagonistes commencèrent à se rouer de coups. Don Bosco avait tout vu : il se plaça entre eux et réussit à les séparer. Michel murmura à l’adresse de son adversaire :
– Remercie ce prêtre car autrement je t’aurais réduit en bouillie.
Don Bosco eut beaucoup de mal à faire comprendre à Michel qu’il n’était pas nécessaire de se battre avec tous les blasphémateurs. Magon n’était pas seulement un petit boxeur au service de Dieu. Il savait que l’amour de l’autre est le commandement nouveau que Jésus est venu enseigner. Il savait être serviable et généreux. Il aidait les petits à faire leur lit, à nettoyer leurs chaussures. Il repassait ses leçons avec les moins doués, il donna ses gants à un camarade qui souffrait du froid.
En 1858, Don Bosco voulut récompenser ses jeunes et il les conduisit pendant quelques jours à Murialdo, dans l’arrière-pays du Montferrat. Michel fut l’un d’entre eux. Il ne savait pas que ce serait ses dernières vacances. Les nuits calmes et étoilées faisaient comprendre à Michel l’immensité de Dieu et l’ordre parfait qui règne dans les espaces sidéraux. Don Bosco le trouve un soir dans un coin sombre à genoux : il regardait le ciel et pleurait :
– Qu’as-tu Michel ?
– Rien, Don Bosco, je pleure en regardant la lune qui depuis des millions d’années reste fidèle au rôle voulu par Dieu, tandis que moi, tant de fois, je lui désobéis.
La fin de 1858 arriva. En cette dernière journée de l’année, Don Bosco recommande à tous de commencer et de vivre la nouvelle année la conscience en accord avec Dieu, d’autant plus ”que, peut-être, pour quelqu’un d’entre vous, ce sera la dernière.”
Tandis qu’il prononçait ces paroles, la main de Don Bosco s’était posée sur la tête de Michel.
Celui-ci pensa : ”Cet avis n’est-il pas pour moi ?”
Mais il n’en fut pas épouvanté. Il dit simplement : ”Je me tiendrai prêt.”
Quinze jours plus tard, Michel assistait à une réunion d’un groupe de jeunes et voici que le responsable habituel se mit à passer avec une petite boite remplie de billets sur lesquels étaient inscrits de bonnes œuvres à faire ou des phrases à méditer au cours de la semaine.
Chacun prenait un billet. Michel prit le sien : ”Au jugement je serai seul face à Dieu” Il resta songeur : c’était le deuxième avis. Don Bosco ayant appris la chose le rassura, mais ajouta dans un sourire :
– Si tu devais faire une visite à Marie, resterais-tu effrayé ?
La maladie
Trois jours plus tard: Magon ressentit de vives douleurs à l’estomac, des douleurs qu’il connaissait les ayant déjà subies les années précédentes et qui l’avaient fait souffrir. On le mena à l’infirmerie. Cela ne semblait pas à première vue très préoccupant, si bien que Don
Bosco l’ayant aperçu à la fenêtre et lui ayant demandé comment il allait s’entendit répondre : ”Bien ! Mon mal habituel…”
Dans la nuit du 21 janvier on lui administra le sacrement des malades. Avec émotion Michel
vit le prêtre le signer sur les pieds et les mains. Combien de coups de poings j’ai donné à mes camarades avec ces mains, s’exclama-t-il. Mon Dieu pardonnez-moi et rendez mes amis meilleurs que moi.”
Et quand le prêtre fit le signe de croix sur ses lèvres, il dit encore : ”Mon Dieu vous auriez dû me couper la langue la première fois que j’ai blasphémé.”
On approchait maintenant de minuit. Don Bosco était aux côtés de Michel.
– Nous y voilà, dit subitement Michel Magon. Aidez-moi Don Bosco… Dites à maman qu’elle me pardonne toute la peine que je lui ai faite. Dites-lui qu’elle soit courageuse : je l’attendrai au Paradis.
En bas, à la chapelle, il y avait encore à ce moment-là des amis de Michel qui priaient. Don
Bosco lui demanda :
– Que veux-tu que je dise à tes camarades ?
– Qu’ils soient sincères au sacrement de réconciliation.
–Qu’est-ce qui te fait le plus plaisir en ce moment ?
– Le peu que j’ai pu faire pour la Vierge Marie.
Minuit sonnait. Michel eut un instant d’assoupissement. Puis comme s’il sortait d’un profond sommeil, le visage serein il dit à Don Bosco : ”Dites à mes amis que je les attends tous là-haut.”
Son visage devint immobile, souriant. Il avait treize ans, quatre mois et deux jours.

Troisième semaine : La fleur de remblaie
Objectif : Présenter la vie d’Emma Tinbkèta SAWADOGO comme modèle de fille ayant vécue dans une ambiance salésienne
Après avoir présenté deux fruits récoltés par Don Bosco, lui-même, je vous présente la vie d’une fille qui a reçu une éducation chrétienne dans une paroisse salésienne. Elle est présentée aujourd’hui comme un exemple de vie chrétienne à suivre. Elle n’a rien fait d’extraordinaire, mais elle a fait de son quotidien ordinaire un joli cadeau qui a plu surement à Dieu. (le texte est extrait de « Emma Tinbkèta SAWADOGO, La fleur du Remblais, Kpossi Didier EKLOU, SDB – Marie-Claire MOUNKORO, FMA, Le 26 décembre 2010. »)

Voici en résumé sa vie : « Emma Tinbkèta SAWADOGO est née le 30 janvier 1990, de l’union entre Noël SAWADOGO et Hélène Ahou BONIAN. Aînée de la famille, elle aura deux sœurs et un frère, respectivement Christelle, Audrey, Isaac, tous nés à Abidjan-Koumassi. Dans sa famille, elle vécut sa première expérience d’Eglise à travers la prière commune, l’écoute de la Parole de Dieu et le service généreux.
Emma Tinbkèta dont le prénom Moré signifie « il me reste la foi », (ce nom est donné à un enfant après une difficulté pour signifier que malgré tout, il y a de l’espoir) a eu une enfance assez semblable à celle de la majorité des jeunes filles de son âge vivant à Koumassi. Tinbkèta fit la maternelle et les études primaires entre les années scolaires 1994 et 2001, année où elle obtint son C.E.P.E. à l’Ecole Entente. Emma fréquentera ensuite le Collège La Colombe de la sixième à la troisième entre 2001 et 2005.
Parallèlement à sa formation scolaire, la fleur du Remblais suivit son processus d’initiation chrétienne à la paroisse saint François d’Assise de Koumassi-Remblais. Après trois années de catéchèse, elle sera baptisée le jeudi 9 mai 2002, Ascension du Seigneur par le Père Josep Maria TIMONEDA, Salésien de Don Bosco, communément appelé Père TIM. Le même jour Emma reçut pour la première fois l’Eucharistie. Deux ans plus tard, le dimanche 30 mai 2004, solennité de la Pentecôte, elle perfectionna son initiation chrétienne avec le sacrement de la confirmation à la paroisse saint Etienne de Koumassi, des mains de Monseigneur Paul DACOURY-TABLEY, évêque du diocèse de Grand-Bassam.
Son engagement chrétien s’est manifesté auprès des CV-AV(1) de la paroisse et dans le bureau de coordination de la pastorale des enfants, la Sainte Enfance Missionnaire. La recherche de la volonté de Dieu sur sa vie a conduit ses pas dans le Groupe des vocations où elle fut accompagnée par le Père Lorenzo CAMPILLO, SDB, curé de la paroisse et par la Sœur Yvette DJOSSOU, FMA. Emma était active et pleine d’initiatives dans ces différents groupes. Elle s’est en outre exercée comme assistante auprès des petites filles du Foyer Marie-Dominique.
Emma priait avec insistance pour la consécration sacramentelle du mariage de ses parents. Ceci devint réalité le 22 juillet 2006 à la paroisse saint François d’Assise, après le mariage civil célébré le 06 octobre 2005 à la mairie de Koumassi. La fleur du Remblais entretenait de grandes relations d’amitié avec ses camarades, filles comme garçons.
Pour célébrer les fêtes de fin d’année 2005 dans un environnement plus chaleureux et familial, Mme Hélène se rendit dans son Ghana natal en compagnie de ses enfants. C’est là, que dans la nuit du 26 décembre à Adoufa près de Takoradi, Emma est retournée dans la maison du Père, des suites d’une maladie éprouvante dont elle a manifesté les premiers symptômes pendant les vacances scolaires de 2003. La fleur du Remblais n’avait pas encore seize ans. Son corps repose actuellement à Nyakomanm dans le district d’Awoin.
Resplendissante de joie et de sourire, Emma avait un bon cœur. Pleine de compassion pour les autres, elle se donnait généreusement pour leur bonheur. C’était une fille dédiée au Seigneur dont l’exemple de vie, encore aujourd’hui, stimule les jeunes et les enfants dans leur vie chrétienne. »
On peut voir à travers la vie d’Emma, la réalisation de son projet originel de vie, suivant la signification de son prénom Tinbkèta, il me reste la foi. C’est la foi en Dieu qui permet de voir au-delà des réalités temporelles et physiques. Cette foi qui devient engagement joyeux dans la vie de chaque jour en fidélité à l’Evangile de Jésus Christ est le message que nous laisse Emma, la fleur du Remblais. « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2 Tm 4, 7).
C’est, une fois encore, l’occasion de rendre grâce au Seigneur qui donne à des êtres fragiles de lui rendre témoignage. Emma a été fidèle au Seigneur toute sa vie et de manière plus remarquable pendant les périodes de souffrance et de maladie. »
Comment vis-tu ta vie chrétienne ? Quel est ton degré d’engagement pour ramener à Dieu tes jeunes frères et sœurs?

Quatrième semaine : Témoignage d’une jeune
Objectif : présenter aux jeunes un modèle proche et connu pris d’entre eux
Nous proposons aux confrères de choisir parmi les plus vertueux de leur œuvre, un jeune, en mesure de rendre témoignage sur son cheminement de foi, sa conversion ou tout simplement sur l’expérience qu’il vit avec les salésiens. Une telle expérience pourrait édifier les moins vertueux et les inviter à entamer un chemin de conversion.

En Don Bosco
José ELEGBEDE

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