Mots de Jour - Avril

MOIS D’AVRIL : ORIGINE DE SA PEDAGOGIE
Attentif au besoin de son temps, Don Bosco a développé une méthode pédagogique excellente afin de gagner à Dieu les jeunes en particulier les plus pauvres. Cette méthode est le résultat de l’éducation reçue et de l’expérience vécue. Pendant tout ce mois, nous allons présenter quatre différentes situations qui ont aidé Don Bosco à façonner son système de la sorte.

Première semaine : Le rêve de 9 ans
Objectif : montrer aux destinataires l’origine divine de la pédagogie salésienne.
Nous faisons des expériences qui nous marquent pour toute la vie. Des expériences qui nous reviennent chaque jour et qui deviennent finalement un projet de vie. Dans le songe qu’il réalisa à neuf (9) ans et qu’il a dû reprendre à plusieurs reprises sous d’autres formes, Marie lui montra la méthode par laquelle il peut gagner les âmes des jeunes afin de les transformer des loups en brebis.

« A cet âge je fis un rêve qui me laissa pour toute la vie une profonde impression. Pendant mon sommeil, il me sembla que je me trouvais près de chez moi, dans une cour très spacieuse. Une multitude d’enfants, rassemblés là, s’y amusaient. Les uns riaient, d’autres jouaient, beaucoup blasphémaient. Lorsque j’entendis ces blasphèmes, je m’élançai au milieu d’eux et, des poings et de la voix, je tentai de les faire taire. A ce moment apparut un homme d’aspect vénérable, dans la force de l’âge et magnifiquement vêtu. Un manteau blanc l’enveloppait tout entier. Son visage étincelait au point que je ne pouvais le regarder. Il m’appela par mon nom et m’ordonna de me mettre à la tête de ces enfants. Puis il ajouta: «Ce n’est pas avec des coups mais par la douceur et la charité que tu devras gagner leur amitié. Commence donc immédiatement à leur faire une instruction sur la laideur du péché et l’excellence de la vertu.» A ce moment-là, je vis près de lui une dame d’aspect majestueux, vêtue d’un manteau qui resplendissait de toutes parts comme si chaque point eût été une étoile éclatante. S’avisant que je m’embrouillais de plus en plus dans mes questions et mes réponses, elle me fit signe d’approcher et me prit avec bonté par la main. «Regarde », me dit-elle. Je regardai et m’aperçus que tous les enfants s’étaient enfuis. A leur place, je vis une multitude de chevreaux, de chiens, de chats, d’ours et de toutes sortes d’animaux. « Voilà ton champ d’action, (me dit-elle), voilà où tu dois travailler. Rends-toi humble, fort et robuste et tout ce que tu vois arriver en ce moment à ces animaux, tu devras le faire pour mes fils. »
Je tournai alors les yeux et voici qu’à la place de bêtes féroces, apparurent tout autant de doux agneaux. Tous, gambadant de tous côtés et bêlant, semblaient vouloir faire fête à cet homme et à cette femme. »

Nous retrouvons dans ce songe des éléments caractéristiques de la pédagogie de Don Bosco. Se basant sur ce songe nous comprenons que la méthode éducative adoptée par Don Bosco et les salésiens est une méthode d’inspiration divine.
Chers jeunes Dieu vous aime, pour cela Il suscite des gens à la suite de Don Bosco pour vous communiquer son amour, vous devez toujours rendre grâce pour ce don qu’il vous fait et prier chaque jour pour vos éducateurs, les salésiens, les animateurs, les professeurs.

Deuxième semaine : L’attitude des prêtres de son temps
Objectif : montrer l’importance de la proximité du salésien (des éducateurs en général) face au cléricalisme dénoncé
Bien que la méthode de Don Bosco fût d’une inspiration divine, il a tiré des éléments, pour renforcer cette méthode, à partir de l’expérience de son quotidien. Il nous le raconte en ces termes :
« Cependant une pensée m’obsédait: comment avancer dans mes études? Je voyais de bons prêtres, très pris par leur saint ministère, mais je ne pouvais les approcher familièrement. Il m’arrivait souvent de rencontrer sur la route mon curé accompagné de son vicaire. Je les saluais de loin; arrivé à leur hauteur, je m’inclinais encore; mais eux, très dignes, se contentaient de me rendre poliment mon salut en poursuivant leur chemin. Plusieurs fois j’en pleurais (de tristesse). Je pensais, et disais parfois à d’autres : «si, jamais, moi, je devenais prêtre, je voudrais agir autrement. Je voudrais m’approcher des enfants et leur dire des bonnes paroles leur donner de bons conseils. Que je serais heureux de causer, ne serait-ce qu’un moment avec mon curé! Ce réconfort, je l’ai eu avec don Calosso, pourquoi ne puis-je plus l’avoir?»

Don Bosco a souffert de l’éloignement des prêtres. Il les voulait proches, amis, afin de profiter de leurs valeurs et de leurs conseils, mais hélas.
Chers amis, un élément caractéristique de notre pédagogie est la proximité, l’assistance c’est-à-dire la présence active au milieu de vous. Car vous constituez l’âme du salésien. Il vit tant qu’il est au milieu de vous. Il vous rassure par les bonnes paroles pour vous maintenir sur le chemin de la sainteté. Comment sentez-vous l’absence des salésiens ?

Troisième semaine : Visite en milieu carcérale
Objectif : montrer l’influence du milieu carcéral dans le choix des destinataires de l’œuvre salésienne.
D’autres expériences aussi sont à la base de la méthode pédagogique de Don Bosco. Parmi ces expériences, une qui l’a marqué particulièrement, c’est la visite en prison. Il nous raconte comment Don Caffasso l’aida à percevoir la misère des jeunes en prison. Voici ce qu’il dit

« Il (Don Caffasso) m’invita d’abord à l’accompagner dans les prisons; ainsi j’appris très tôt à savoir quel degré la malice et la misère de l’homme peuvent atteindre. La vue de cette foule de jeunes gens de douze à dix-huit ans, tous sains, robustes, à l’esprit éveillé, mais réduits au désœuvrement, mangés par la vermine, privés du pain spirituel et temporel, fut pour moi quelque chose d’horrible. L’opprobre de la nation, le déshonneur des familles, leur propre flétrissure semblaient personnifier en ces malheureux. Ce qui me stupéfia et me surprit le plus, ce fut de m’apercevoir que beaucoup, sortis de prison, en excellentes dispositions, décidés à mener une vie meilleure, ne tardaient pas à revenir à ce pénitencier d’où, quelques jours avant, ils avaient été libérés.
Je me rendis compte que la raison par laquelle plusieurs retournaient au pénitencier, c’était qu’ils étaient livrés à eux-mêmes une fois en dehors du milieu carcéral. Qui sait, pensais-je, si ces jeunes avaient hors d’ici, un ami qui s’intéressât à eux, les assistât, les instruisît de la religion aux jours fériés, qui sait s’ils ne se seraient pas tenus à l’écart de la ruine et si le nombre des récidivistes ne diminuerait pas?
Je fis part de ces réflexions à Don Caffasso et, sur son conseil, je me mis en devoir de chercher comment amener (ces intuitions) à réalisation, en abandonnant totalement la réussite à la grâce de Dieu, sans laquelle les efforts des hommes restent vains. »
Nous voyons dans les propos de Don Bosco une préoccupation sérieuse par rapport à la situation des jeunes. C’est ce qui le poussa à ouvrir les oratoires afin de garantir aux jeunes un lieu sûr où ils pourront trouver quelqu’un qui les aime, qui leur fait confiance. Ainsi ils ne retourneront pas en prison.
Chers jeunes, si on vous demande de donner votre opinion, une appréciation des œuvres salésiennes (école, centre des jeunes, de l’oratoire), que diriez-vous ? En quoi ces œuvres répondent à vos situations de vie.

Quatrième semaine : contexte social
Objectif : montrer l’influence de la révolution industrielle dans la réponse éducative de Don Bosco
Dans le mot du soir (jour) précédent, nous avons compris comment la visite en milieu carcéral effectué par Don Bosco a influencé sa pédagogie. Il a été aussi influencé par la réalité de son contexte social. Ce qui l’a surtout incité à faire l’option pour les jeunes pauvres et abandonnés. Suivons ce que nous disent les historiens sur son contexte social.
Voici ce que nous raconte TERESIO Bosco dans « Don Bosco, une biographie nouvelle », p. 214 :
« Les toutes premières années de la révolution industrielle italienne, Don Bosco se lança dans le nouvel état de choses, poussé par l’urgence de ce qu’il voyait et par sa totale disponibilité à travailler pour les garçons pauvres. La stratégie du subito, de « l’intervention immédiate » (parce que nous le répétons, les pauvres ne peuvent pas se permettre le luxe d’attendre les réformes et les plans organisés), est devenue la marque de Don Bosco et de ses premiers Salésiens. Catéchisme, pain, instruction professionnelle, métier protégé par un bon contrat de travail, constituent le programme urgent que les fils de Don Bosco réalisaient pour ces garçons pauvres.
Mais ce choix, nous semble-t-il, ne fut pas uniquement spontané. Avec le temps, la situation devient de plus en plus claire, et Don Bosco prit de plus en plus conscience de l’époque qu’il était appelé à vivre et de la mission, de sa grandeur et de ses limites. »
Nous comprenons que Don Bosco était attentif aux défis que représentait la révolution industrielle de son temps. Il a ainsi perçu l’appel du Seigneur à agir afin de sauver les jeunes. Alors chers jeunes, quels sont les défis que te présente notre contexte social aujourd’hui. Dans quelle mesure peux-tu voler au secours de ceux qui sont victimes des changements de leur temps ?

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