Un jour Don Bosco passait devant une église dédiée à saint Laurent. Appuyés au mur, se chauffant au soleil, des gamins étaient là, plutôt mal vêtus.

Quand notre saint arriva près d’eux un des petits cireurs s’écria:

-« Oh! Voilà Don Bosco! » Et se précipitant à, ses pieds il lui propose de cirer ses souliers.

– Pas le temps, mon ami! répond l’abbé toujours affairé.

-Ce sera vite fait! – Impossible, je suis trop pressé!

– Ce sera gratis pour vous, vous êtes mon ami!

A ce moment, l’un des ramoneurs intervient: Tu ne vois pas que tu ennuies Don Bosco. Laisse-le donc tranquille!

– De quoi te mêles-tu toi réplique le petit je connais Don Bosco tu sais!

– Moi aussi je le connais! Je suis même son ami.

– Et moi aussi! Le ton se met alors à monter.

– En tout cas il m’aime plus que toi, dit le cireur.

– Ce n’est pas vrai; c’est moi qu’il aime le mieux!

– Non, c’est moi! Tu vas te taire, sinon…

– Non, je ne me tairai pas, espèce de…

Et voilà nos deux garçons qui se sautent dessus comme des coqs de combat! L’affaire devient même sérieuse. Coups de pieds et coups de poings pleuvent de part et d’autre; cirage et brosses du petit cireur font bientôt du vol plané… Don Bosco juge prudent d’intervenir. .

– Eh! Eh! mes amis, doucement. Et le saint de séparer les boxeurs. A contrecoeur ils s’arrêtent. Mais, les cheveux en bataille et le regard mauvais, on sent qu’ils en veulent encore.

– Hein, Don Bosco, dit le petit cireur, c’est bien moi que vous aimez le plus?

– Non, c’est moi, crie le ramoneur.

– Ecoutez, dit Don Bosco; vous me posez là un problème difficile. Vous voyez ma main?

– Oui

– Regardez mon pouce et mon index. A votre avis quel est celui que j’aime le mieux?

– Les deux…

– Exactement! Eh bien, vous êtes l’un et l’autre comme les deux doigts de ma main. Je vous aime bien tous les deux et j’aime aussi vos camarades. Voilà pourquoi vous avez tort de vous battre. Venez donc faire un petit tour avec moi et oubliez tout !

Et tous trois s’en allèrent, bras dessus, bras dessous, ramoneur et cireur sentant battre à l’unisson, sous la soutane.

P. Enrique Franco, sdb

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