Paul (PA) et P. Enrique Franco (EF) PA :

Souvent j’ai appris que tel ou tel autre est parti, même j’ai entendu dire qu’ils ont été renvoyés. Je me demande pourquoi ? Est-ce que l’Eglise n’a pas besoin de candidats ? Même cela me fait peur, et je me demande si je dois suivre ce chemin…

EF : Changer de chemin pour être plus authentique n’est pas un péché, mais au contraire un acte de sagesse et de fidélité. Tout le monde n’arrive pas au bout de ses rêves, même s’il avait commencé la course. C’est un fait normal et ne doit scandaliser personne. Chaque personne dans un certain moment de sa vie se trouve sur des carrefours, à la croisée de chemins où il lui faut décider quel est le meilleur pour lui.

PA : Mais c’est très dur, c’est comme un échec pour quelqu’un qui a choisi une vocation religieuse ou sacerdotale !

EF : Changer de plan ou de projet, dans ces moments de décisions, n’est pas un échec, s’il se fait dans le calme et la sérénité, avec un bon discernement. Nous ne parlons pas de ces changements émotifs, primaires réalisés sans trop réfléchir, comme un coup de foudre. Ou de ceux, qui peuvent nous causer de la peine, à cause de la perte de la foi ou d’une vie spirituelle mal entretenue. Nous parlons de la vie normale des candidats. L’Eglise, dans sa sagesse, a établi une série d’étapes avant d’arriver à la prêtrise ou à la profession perpétuelle. Précisément pour que le candidat en accord avec ses formateurs et l’accompagnateur spirituel, puisse décider si le chemin commencé est en accord avec ses aspirations ou avec les qualités qu’il manifeste, si les motivations qu’il porte dans son coeur le combleront un jour dans cette vocation concrète.

PA : Mais il a choisi cette vocation !

EF : La vocation est un appel que le candidat doit sentir, et après qu’il ait commencé son cheminement, il étudie si le but proposé est en accord avec ses aspirations, s’il pourra se donner avec fidélité et être heureux… Il peut arriver qu’on voit qu’il n’est pas fait pour cette vie, par exemple que le célibat est trop pour lui, ou qu’on exige des qualités qu’il n’a pas, ou qu’il ne veut pas risquer de placer sa vie au service de l’institution qui l’accueil, ou qu’il lui manque de capacités fondamentales pour une vie de communauté intense, pour partager la vie d’une façon radicale, pour se sentir disponible aux besoins de la mission, pour accepter une obéissance qu’il souffre dans son coeur, etc. On peut trouver des raisons pour lesquelles le candidat peut se dire, je ne suis pas fait pour cette vie et décide de réorienter sa vie. Il faut comprendre cela comme un essaie de mieux répondre à la volonté de Dieu dans une autre situation plus appropriée. Je connais de magnifiques chrétiens, très réussis dans leurs vies, qui, un jour, ont décidé de changer de chemin. Personne ne pense qu’ils ont échoué, au contraire, je sens qu’ils remerciaient Dieu de la formation reçue, qui les a permis d’affronter un nouveau défi.

PA : Je comprends, mais il y a des cas où le jeune a été « réorienté » contre son désir ?

EF : Il peut aussi se passer que ceux qui suivent le candidat se rendent compte des difficultés qu’il a pour sa fidélité à la vocation, pour maintenir le rythme de vie qui lui est demandé. C’est un signe évident, que sa vie n’est pas faite pour ce style de vie, et que la meilleure chose est de se réorienter, dans le même sens que l’antérieur, pour qu’il trouve son bonheur et une vie comblée. Alors, il faut parler avec lui et lui faire comprendre, même si dans certaines situations c’est difficile. Mais lorsque cela se fait en cherchant son bien et avec affection, la plus part finissent par comprendre, et rendre grâce après le premier moment.

PA : Il me faudra réfléchir à tout cela !

EF : La vie, comme la vocation, n’est pas déjà réalisée au moment que le sujet le décide, il faut la parcourir, et on peut se trouver avec des situations changeantes. Cette attitude de discernement a été très bonne pour moi, et je crois qu’il en sera de même pour le candidat qui arrivera à la fin, parce qu’il est sûr qu’il est sur le bon chemin, parce que lui aussi s’est trouvé dans ces moments de recherche, de doute, même de troubles et il lui a fallu un bon discernement, pour donner une réponse positive. Ce procès finira 10 minutes après la mort.
Il dure toute la vie.

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